Communiqué: Élection fédérales 2011 : Eau Secours! déplore l’absence des enjeux de l’eau dans les débats
Montréal, le 29 avril 2011 –La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau – Eau Secours! a interrogé les chefs de partis sur leurs intentions concernant les différents dossiers reliés à l’eau en vue de l’élection fédérale du 2 mai 2011.
Les questions suivantes leur ont été posées :
• Est-ce que votre parti est en faveur du retrait de l’AÉCG des marchés publics de services des eaux, pour les provinces, territoires et municipalités du Canada?
• Est-ce que votre parti est en faveur d’exclure l’eau et les services des eaux de tous les accords commerciaux internationaux?
• Est-ce que votre parti est en faveur de mettre sur pied un Fonds national de l’eau publique permettant de financer les mises à niveau pour l’alimentation en eau et l’assainissement, afin de garder la maîtrise publique des services des eaux?
• Est-ce que votre parti s’engage à interdire toute exportation d’eau massive du Canada, et ce, en considérant l’explosion de la demande pour l’eau embouteillée, marché inclus dans l’ALENA?
• Est-ce que votre parti s’engage à réinjecter des fonds dans les ministères à vocation environnementale comme Environnement Canada, afin d’assurer la protection de l’écosystème du Saint-Laurent?
• Est-ce que votre parti s’engage à établir une vision canadienne cohérente de la gestion de l’eau et à assurer la protection de l’écosystème du Saint-Laurent et des Grands Lacs?
• Est-ce que votre parti s’engage à faire reconnaître par la Chambre des Communes le droit à l’eau et à l’assainissement tel que formulé par l’assemblée générale des Nations Unies? De la même façon, est-ce qu’il s’engage à faire reconnaître la résolution du Conseil des droits de l’homme qui spécifie que ce droit fait partie intégrante du droit à un niveau de vie suffisant?
La Coalition Eau Secours ! est très déçue, car à ce jour un seul parti, soit le Bloc Québécois a répondu aux questions, dont vous trouverez en annexe les réponses. Les plates-formes électorales des différents partis ont donc été étudiées afin de vérifier leurs positions ou engagements.
Le Bloc québécois a répondu de façon détaillée et précise et les positions annoncées sont dans l’intérêt des Québécois, mais aussi de tous les Canadiens. Ils ont étudié et connaissent bien la question de l’eau. Bien que les réponses rassurent la Coalition, on sait cependant que le Bloc ne peut pas prendre le pouvoir au Canada.
En étudiant les plates-formes des autres partis, il est inquiétant de constater que le parti Conservateur n’a aucune information dans son programme qui répond à nos questions. De plus, il considère d’un bon œil l’AÉCG, sans toutefois mentionner l’exclusion de l’eau dans cet accord.
Le NPD, le parti Vert et le parti Libéral ont quand à eux quelques mesures qui touchent l’eau, bien qu’elles soient floues, imprécises et contenant peu de choses concrètes. Par exemple, le parti Libéral annonce qu’il entend travailler avec les provinces et les municipalités afin d’élaborer une nouvelle stratégie sur l’eau douce, mais les budgets qu’il compte y attribuer nous semblent insuffisants. Quand au parti Vert, il propose d’accorder un financement stable et à long terme aux municipalités pour la réparation de leurs infrastructures vieillissantes, comme les services d’eau, ce qui est une excellente mesure si les juridictions des villes et provinces sont respectées.
Le parti Communiste a souhaité répondre à nos questions et le résultat se trouve également en annexe. Les réponses sont claires et démontrent un intérêt à protéger la ressource.
La Coalition Eau Secours ! s’attendait à des prises de position des principaux partis politiques sur ces dossiers reliés à l’eau, mais constate que pour la plupart des partis, l’eau n’est pas au cœur de leurs préoccupations, étant donné l’absence d’information sur cet enjeux dans leurs programmes respectifs.
Pourtant, l’eau devrait être exclue des différents traités commerciaux et le gouvernement actuel du Canada négocie en ce moment l’AÉCG sans se soucier de cette question essentielle pour tous les Canadiens et les Canadiennes. Au niveau du fleuve St-Laurent et des mesures pour le protéger, nous remarquons un manque de volonté politique et une réduction des dépenses reliées à la protection des écosystèmes et à la réfection des infrastructures. Nous incitons la population à en tenir compte lors du vote le 2 mai.
