COMMUNIQUÉ – Eau Secours! invite la Ville de Saguenay à rejeter le projet de captation d’eau dans la nappe phréatique de Laterrière par la minière BlackRock

Québec, le 2 février 2018 – Eau Secours! la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau s’oppose au projet de captation d’eau de la nappe phréatique de Laterrière par la minière BlackRock et invite la Ville de Saguenay à rejeter ce projet. L’organisme croit que cette captation menacerait l’approvisionnement en eau potable des citoyens et des citoyennes de Laterrière.

La directrice générale d’Eau Secours!, Alice-Anne Simard, est surprise par les chiffres de consommation d’eau potable avancés par la minière. « BlackRock prévoit utiliser 300 mètres cubes d’eau à l’heure. Cela correspond à plus de 7 millions de litres par jour et près de 3 milliards de litres par année! Toute cette eau potable utilisée pour nettoyer des minéraux, c’est énorme! » s’indigne Mme Simard.

Selon une étude de la firme BPR réalisée en 2012 pour un projet d’approvisionnement en eau potable de Saguenay, la nappe phréatique de Laterrière offre une capacité de pompage d’environ 55 millions de litres par jour. « BlackRock va donc utiliser 13% de la capacité quotidienne de pompage de la nappe phréatique, en supposant que les chiffres avancés par BPR sont les bons, » explique la directrice générale.

Eau Secours! aimerait savoir si la Ville de Saguenay a évalué tous les risques possibles pour l’approvisionnement en eau de sa population. « Est-ce que la Ville prévoit réaliser une étude pour déterminer avec certitude quelle quantité d’eau est disponible dans la nappe phréatique? Est-ce qu’on connaît la capacité de régénérescence de la nappe? » demande Mme Simard.

L’organisme aimerait savoir quelles mesures seront prises par la Ville de Saguenay en cas de pénurie d’eau. En Californie, où une sécheresse sévit depuis plusieurs années, la population doit se priver alors que des entreprises continuent de puiser l’eau, ce qui contribue à l’épuisement de la nappe phréatique. « Nous aimerions savoir si la Ville a prévu des clauses d’arrêt qui permettraient de prioriser l’approvisionnement en eau des citoyens et des citoyennes en cas de pénurie ou de problème avec la nappe phréatique, » ajoute la directrice générale.

Eau Secours! croit que le scénario de construire une usine de dessalage afin d’utiliser l’eau de la rivière Saguenay est beaucoup moins risqué. « S’il faut absolument utiliser de l’eau pour un procédé industriel, la Ville doit privilégier un procédé qui n’entre pas en conflit avec l’approvisionnement en eau des citoyens et des citoyennes. Les municipalités sont les gardiennes du bien commun qu’est l’eau et les besoins de la population doivent toujours passer devant ceux des entreprises, » conclut Mme Simard.