Communiqué – L’eau potable d’un esker majeur au Québec menacée par un projet de mine à ciel ouvert : des groupes citoyens et environnementaux demandent l’intervention de la Ministre de l’environnement

Val-d’Or, le 9 mai 2018 – Le Comité citoyen de protection de l’esker, le Regroupement Vigilance Mines de l’Abitibi et du Témiscamingue, Eau Secours et la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! s’unissent afin de demander l’intervention du gouvernement du Québec face au projet Authier de la compagnie australienne Sayona Mining à La Motte, en Abitibi-Témiscamingue.

Cette mine à ciel ouvert, qui serait à moins de 500 mètres de l’esker Saint-Mathieu-Berry, soulève plusieurs inquiétudes au sein de la population de la région. « Nous sommes préoccupés par les impacts à long terme que ce projet de mine à ciel ouvert pourrait avoir sur la qualité de l’eau de l’esker situé au nord du projet et sur les milieux humides situés au sud. L’historique de pollution et d’accidents environnementaux reliés aux mines en région nous fait craindre pour la qualité de l’eau de l’esker », s’inquiète Marc Nantel, porte-parole du Regroupement Vigilance Mines de l’Abitibi et du Témiscamingue.

Les groupes ont déposé une demande officielle à la Ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Mme Isabelle Melançon, pour qu’elle utilise les nouveaux pouvoirs qui lui sont conférés en vertu des récentes modifications apportées à la Loi sur la qualité de l’environnement afin de soumettre le projet Authier à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement ainsi qu’à une enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). « Nous demandons à la Ministre d’utiliser ses nouveaux pouvoirs parce que ce projet pourrait avoir des répercussions majeures sur l’eau et l’environnement de la région. Nous pensons que les enjeux reliés à ce projet sont tels qu’ils commandent un temps d’arrêt afin d’étudier rigoureusement les impacts potentiels, ce qui selon nous doit passer par la réalisation d’études indépendantes et une enquête du BAPE », explique Michaël Pelletier-Lalonde, porte-parole du Comité citoyen de protection de l’esker.

La minière a réussi pour l’instant à soustraire son projet de la procédure d’évaluation environnementale en disant vouloir prélever uniquement 1 900 tonnes de minerai par jour, tout juste sous la barre de la limite réglementaire de 2 000 tonnes par jour qui oblige un BAPE. «Selon ses propres études de préfaisabilité publiées en 2017, Sayona Mining prévoit générer plus de 60 millions de tonnes de déchets miniers durant 13 années de production, incluant 9 millions de tonnes de résidus miniers très fins potentiellement toxiques pour l’environnement. La minière prévoit même prolonger la mine si elle trouve davantage de minerai. Dans ce contexte, il nous apparaît inacceptable et irresponsable que la minière tente aujourd’hui d’éviter une évaluation environnementale par le BAPE en présentant un projet juste sous la limite de 2 000 tonnes par jour», explique Ugo Lapointe, porte-parole de la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine!

Des séances d’information du public tenues par Sayona Mining à La Motte et à Pikogan n’ont pas su répondre aux préoccupations exprimées par les citoyens quant aux répercussions écologiques du projet. « Les gens de la région ont eu droit à de fausses consultations du public orchestrées par la minière et ils sont restés sur leur faim. Plusieurs questions demeurent encore sans réponse. La Ministre Melançon a le pouvoir d’enclencher un vrai processus de consultations publiques si les préoccupations des citoyens le justifie. Il ne fait aucun doute que les citoyens de la région ont raison d’être inquiets pour leur eau et qu’ils devraient avoir le droit à un BAPE », conclut Alice-Anne Simard, directrice générale d’Eau Secours.