Communiqué – GNL Québec – Le BAPE devrait tenir des audiences en personne dans plusieurs régions pour favoriser la participation, disent 45 groupes

Québec, Saguenay, Rouyn-Noranda et Montréal, le 17 juin 2020 – Dans une lettre adressée au président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), 45 groupes citoyens, environnementaux et sociaux demandent que les audiences sur le projet Énergie Saguenay de GNL Québec soient tenues dans plusieurs régions et en présence physique pour favoriser la participation du public. Ils demandent également au BAPE d’évaluer les impacts climatiques sur l’ensemble du cycle de vie du gaz, en plus d’évaluer les effets cumulatifs qu’auront les différents projets de transport maritime sur les espèces en péril comme les bélugas qui ont leur habitat dans l’estuaire et le Golfe du Saint-Laurent.

Le BAPE doit entamer le 14 septembre prochain l’étude du projet Énergie Saguenay, une partie intégrante et indissociable du plus important et controversé projet industriel de l’histoire du Québec, soit Gazoduq-GNL. Pour les signataires de la lettre, « il est évident qu’une consultation publique uniquement virtuelle défavoriserait grandement les personnes les plus démunies et les plus âgées, ainsi que les personnes qui vivent dans des régions éloignées. Aussi, l’accès à des communications numériques n’est pas à la portée de tous et toutes, tant en termes d’équipements que de compétences nécessaires à l’utilisation de ces technologies. Ces personnes ont aussi le droit de poser des questions, d’émettre des commentaires et de parler de leurs préoccupations par rapport au projet, alors que des audiences virtuelles ne permettraient pas leur pleine participation. »

Dans l’éventualité où la pandémie de COVID-19 connaîtrait une deuxième vague qui entraînerait un retour des mesures de confinement, les signataires demandent au BAPE que les audiences publiques soient suspendues et ne reprennent que lorsque les conditions sanitaires permettront la tenue d’audiences publiques avec présence physique.

Les groupes offrent au BAPE des pistes de solution pour favoriser la participation du public en personne, tout en respectant les consignes de distanciation physique. Selon les signataires, « tenir des audiences dans différentes villes du Québec permettrait de limiter le nombre de personnes présentes dans les salles et les déplacements inter-régions, deux mesures encouragées par la Santé publique. Des séances devraient donc être tenues non seulement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais également à Montréal, Québec, RouynNoranda et Trois-Rivières. »

Les signataires demandent aussi au BAPE d’évaluer les impacts climatiques sur l’ensemble de son cycle de vie du gaz, « de son extraction par fracturation hydraulique en Alberta en passant par les fuites de méthane qui se produiraient lors de son transport par gazoduc, sur le site de l’usine de liquéfaction, et lors de son transport par méthaniers, jusqu’à son utilisation comme combustible sur les marchés internationaux. » Les groupes sont d’avis que le BAPE devrait donc évaluer l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’Énergie Saguenay, incluant en amont et en aval, puisque le projet aurait des impacts sur la capacité de tout le Québec à atténuer la crise climatique et à s’y adapter.

Finalement, les groupes affirment qu’une navigation maritime accrue risque d’affecter les espèces en péril qui ont leur habitat dans l’estuaire et le Golfe du Saint-Laurent, notamment les bélugas, et qu’il faut « impérativement que la question du transport maritime soit évaluée d’un point de vue global où l’ensemble des nuisances actuelles et potentielles seront considérées et permettront de déterminer les effets cumulatifs des différents projets en cours, incluant Énergie Saguenay. »

Pour voir la lettre et ses 45 signataires.