Libérons l'eau de la bourse

Une financiarisation de l'eau s'opère actuellement à l'échelle globale. Empêchons-là de s'implanter chez nous!

Depuis près d’un an, il est désormais possible de spéculer en bourse sur le prix de l’eau aux États-Unis. Une inquiétante dérive qui s’inscrit dans une tendance lourde à la privatisation et à la marchandisation de ce bien commun, et contre laquelle une mobilisation mondiale s’organise.

L’entrée en bourse et la monétisation de l’eau va à l’encontre de la résolution de l’Assemblée générale des Nations-unies de 2010 qui reconnaît l’eau comme un bien commun et un droit universel humain. Comment peut-on laisser des sociétés privées s’approprier une ressource commune au détriment d’un accès universel reconnu et adopté par les Nations Unies?

Loin de réduire le gaspillage et d’assurer une gestion responsable de l’eau dans les endroits où elle manque cruellement, la financiarisation creusera les inégalités entre les riches pouvant se payer la ressource et les pauvres qui n’y auront plus accès. 

Comme la rareté de l’eau en augmente sa valeur et que la conservation des milieux naturels ne rapporte pas de bénéfices économiques directs, les financiers iront jusqu’à vendre la dernière goutte d’eau; pour quelques dollars supplémentaires, ils laisseront les communautés locales et les écosystèmes à sec comme c’est déjà le cas pour le Delta du fleuve Colorado au Mexique.

Cette main basse sur nos ressources naturelles et vitales doit s’arrêter ici et maintenant, avant que l’eau, l’air et le vivant en entier servent à étancher la soif d’argent de quelques financiers en laissant nos gorges arides.

Afin de prendre conscience de la pente glissante sur laquelle s’engage les gouvernements qui tolèrent que leur ressource en eau se transige à la bourse, l’association internationale l’Agora des Habitants de la Terre a lancé la campagne Libérons l’eau de la Bourse en Belgique, en Argentine, au Brésil, au Chili, en France, en Italie et en partenariat avec Eau Secours au Québec simultanément le 7 décembre 2021.

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Pour en savoir plus...

Le droit à l’eau potable, salubre et propre, reconnu par les Nations unies, devrait mettre fin à la marchandisation de l’eau en dépit des pressions effectuées par de grandes entreprises. Les transactions financières sur l’eau et la cotation des entreprises de services d’eau devraient être interdites. Lire le texte complet dans Le Devoir...

Alors que la financiarisation de l’eau est justifiée par sa rareté et présentée comme un moyen d’en faire une utilisation plus rationnelle et efficace grâce aux mécanismes de marché, que se cache-t-il en vérité derrière cette rareté? Lire l'article complet dans la revue Relations...