2025-12-08 CP Bilan – LinkedIn et Bluesky

Bilan environnemental 2025 : une dérive autoritaire est-elle en marche?

8 décembre 2025

Montréal, le 8 décembre 2025 – Des organisations et groupes environnementaux font front commun pour tirer la sonnette d’alarme : l’année qui vient de s’écouler marque un tournant inquiétant pour la démocratie environnementale au Québec et au Canada. Sous prétexte « d’accélération économique », les gouvernements multiplient les mesures législatives qui affaiblissent les lois et les contre-pouvoirs, marginalisent la science et réduisent la participation citoyenne.

Un recul démocratique préoccupant au Québec

Au cours de la dernière année, une accumulation inédite de projets de loi fragilisant l’État de droit a été constatée, notamment par l’utilisation du bâillon, le dépôt d’omnibus et l’élargissement du pouvoir discrétionnaire du gouvernement. Parmi les exemples les plus préoccupants, on peut citer le projet de loi 69 (énergie), le projet de loi 97 (régime forestier), le projet de loi omnibus 81, le projet de loi 93 (Stablex), le projet de loi 7, et le récent projet de loi constitutionnelle.

Mis ensemble, ces textes traduisent une tendance lourde d’effritement de l’État de droit et d’affaiblissement des garde-fous démocratiques.

« Quand un gouvernement limite les débats, contourne ses propres lois, s’attaque à la légitimité scientifique, réduit les contre-pouvoirs et renforce la concentration de pouvoir entre les mains de quelques personnes, ce sont les fondements même de notre démocratie qui sont attaqués». 

L’environnement également mis sur le banc des sacrifiés par le fédéral

Les organisations dénoncent une rhétorique gouvernementale qui oppose constamment l’environnement au développement économique et qui sous-entend que les normes environnementales sont un “fardeau”, un même fil rouge qui se dessine au niveau fédéral, notamment avec l’adoption du projet de loi C-5 et le dépôt du projet de loi C-15 (loi budgétaire), actuellement discuté au Parlement canadien. 

Les organisations rappellent que la démocratie, la science et les lois environnementales ne sont pas des obstacles pour le Québec, mais bien des fondations essentielles pour le bien-être collectif et pour une économie qui soit véritablement résiliente et soutenable. Lorsque les lois deviennent optionnelles, les atteintes à l’environnement et plus largement à la protection des droits de la population et des premiers peuples deviennent inévitables.

Les organisations appellent les gouvernements du Québec et du Canada à suspendre les mesures législatives qui affaiblissent le droit environnemental, à respecter les droits des peuples autochtones, à rétablir la place de la science dans les processus décisionnels, à encourager la participation citoyenne et démocratique, et à protéger les principes qui sous-tendent le respect de l’État de droit.

Les organisations environnementales invitent la population, les élu·es, les médias et les institutions à se mobiliser pour préserver la démocratie, la protection de l’environnement et le respect des savoirs et de la science, devenus des parties intégrantes de nos valeurs sociétales fondamentales.

« L’environnement, c’est le canari dans la mine. Si nous ne travaillons pas tous et toutes ensemble pour contrer cette dérive autoritaire, elle continuera de faire d’autres victimes au nom de la sacro-sainte croissance économique. » 

 

– 30 –

 

LISTE DES SIGNATAIRES

  • Alain Branchaud, directeur général, Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)
  • Geneviève Paul, directrice générale, Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE)
  • Alice-Anne Simard, directrice générale, Nature Québec
  • Thibault Rehn, coordonnateur, Vigilance OGM
  • André Bélanger, directeur général, Fondation Rivières
  • Sabaa Khan, directrice générale, Fondation David Suzuki (Québec)
  • Karel Ménard, directeur général, Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets
  • Martin Vaillancourt, directeur général, Regroupement national des Conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  • Rébecca Pétrin, directrice générale, Eau Secours
  • Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales, Équiterre
  • Chantal Levert, coordonnatrice générale, Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) 
  • Chloé Tremblay Cloutier, coordonnatrice développement et partenariats, Réseau Demain le Québec
    Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie, Greenpeace Canada
  • Gabrielle Spenard-Bernier, co-directrice, Mères au front

Plus d’informations

CONTACTS MÉDIAS

Sophie Turri
Directrice des communications, CQDE
438 979-7951
sophie.turri@cqde.org

Charlène Daubenfeld
Directrice des communications, SNAP Québec
514 378-3880
communications@snapquebec.org

David Beauchamp
Responsable des communications, Fondation Rivières
438 501-8140
david.beauchamp@fondationrivieres.org 

Alexandre St-Amant
Spécialiste des communications et affaires publiques, Fondation David Suzuki
438 494-8214
astamant@davidsuzuki.org 

Lucie Bédet
Chargée des communications, Nature Québec
581 980-8198
lucie.bedet@naturequebec.org

Autres ressources et actualités
projet-matawinie-annonce-carney

Accélérer les yeux fermés: un passe droit pour le projet minier Matawinie, déjà critiqué pour ses impacts sur l’eau

13 novembre 2025

Montréal, le 13 novembre 2025 – Des organisations environnementales et citoyennes s’opposent à ce que le gouvernement du Canada ajoute le projet minier Matawinie, de Nouveau Monde Graphite (NMG), au rang des « projets d’intérêt national », car les activités d’exploration minière de NMG auraient déjà engendré une détérioration des cours d’eau de la région. Un rapport à cet effet a été publié au printemps dernier.

Ils dénoncent également l’octroi d’importantes sommes publiques à cette exploitation visant notamment à fournir l’industrie militaire.

« Alors que Nouveau Monde Graphite se présentait comme une solution à la crise climatique et n’en était qu’à l’étape des forages, nous observions déjà une détérioration inquiétante des cours d’eau autour de sa future mine. Maintenant qu’elle se présente comme un fournisseur de l’industrie militaire, qu’en sera-t-il lorsque la compagnie creusera, en accéléré, une fosse de 2 kilomètres avec le soutien financier du gouvernement fédéral ? » questionne Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers chez Eau Secours.

Les organismes demandent donc au gouvernement du Canada de retirer le projet Matawinie de NMG de la liste des projets d’intérêt national.

Afin d’éviter une contamination des milieux hydriques, tels le lac Taureau et la rivière Matawin, le projet minier Matawinie doit souscrire au même encadrement réglementaire que les autres mines du Canada. C’est pourquoi Eau Secours a demandé, le 31 octobre dernier,  d’élargir la portée du Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants et du Règlement sur les activités concrètes pour inclure le graphite à l’encadrement de ces deux règlements. 

À défaut de répondre favorablement à ces demandes, les organismes estiment que le gouvernement du Canada faillit dangereusement à sa responsabilité, à son devoir de consultation de la population et à ses engagements pour la protection de l’eau douce.  

« Le gouvernement semble oublier complètement que la préservation de l’eau douce et de l’environnement est une priorité d’intérêt national. Si, dans le futur, le Canada devait manquer d’eau par manque de vision politique aujourd’hui, ce ne sont ni les opportunités économiques, ni l’armement produit fièrement avec du graphite “canadien” qui viendront régler ce problème » se désole Rébecca Pétrin, directrice-générale d’Eau Secours.

« Il importe plus que jamais de mettre à jour la réglementation fédérale : le gouvernement canadien ne peut pas se permettre de soutenir massivement l’industrie minière tout en l’exemptant de se conformer aux règles minimales dont le pays s’est doté » s’indigne Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine. 

Les organismes rappellent qu’un sondage réalisé par la firme Léger a révélé, en 2022, que la grande majorité de la population québécoise (86%) demande « que tous les projets de mines et d’agrandissement de mines soient soumis à des évaluations environnementales ».

« Le récent virage du projet Nouveau Monde Graphite vers l’armement illustre une orientation troublante : Ottawa et Québec privilégient les intérêts militaires au détriment de la lutte aux changements climatiques. Les minéraux critiques comme le graphite sont essentiels pour nos panneaux solaires et nos batteries, mais avant de creuser partout, réutilisons ce qu’on a déjà! Protégeons les écosystèmes sensibles et assurons-nous que ces minéraux servent réellement la transition énergétique, pas la guerre » dénonce Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada

« Le rapport de mai dernier révélait déjà des impacts sur l’eau dus à l’exploration de NMG. Face à ce constat qui n’ira, selon nous, qu’en empirant, voire affectera négativement et de façon importante l’environnement d’une région de villégiature, pourquoi le gouvernement fédéral s’entête-t-il à appuyer un projet qui ne rencontre pas l’acceptabilité sociale mais qui génère plutôt sa division ? » ajoute May Dagher du comité administratif de la Coalition des opposants à un projet minier en Haute Matawinie (COPH)

-30-

Signataires

  • Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours
  • Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine
  • André Bélanger, directeur général, Fondation Rivières
  • Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada
  • Daniel Tokatéloff, Association pour la protection du lac Taureau (APLT)
  • May Dagher, membre de comité administratif de la COPH

Contact média

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514-588-5608
communications@eausecours.org

2025-11-06 Motion d'appui à l'accord de Paris

10 ans de l’Accord de Paris: L’assemblée nationale unanime pour faire face aux changements climatiques

6 novembre 2025

En réponse à l’adoption, à l’unanimité, d’une motion soulignant le 10e anniversaire de l’Accord de Paris par l’Assemblée nationale, des organisations environnementales, syndicales et de santé du Québec saluent la décision du Québec de s’engager clairement en faveur du maintien de l’action climatique. Face aux reculs environnementaux des États-Unis et du gouvernement canadien, le Québec choisit la voie responsable. 

Présentée par le Parti Québécois et appuyée par la Coalition avenir Québec, Québec solidaire et le Parti libéral du Québec, cette motion vise à renforcer la légitimité des acquis du Québec, notamment le marché du carbone et l’électrification des transports, qui doivent être préservés. Les organisations signataires soulignent leur ouverture à collaborer avec toutes et tous les parlementaires pour accélérer la mise en œuvre de cet accord sur le territoire québécois.

« L’Accord de Paris, c’est notre étoile polaire pour limiter le réchauffement climatique à un niveau viable, préparer nos communautés à affronter le dérèglement du climat et transformer notre système financier pour qu’il soit compatible avec une société carboneutre à long terme », affirment les organisations signataires.

« Conformément à la Loi sur la qualité de l’environnement, le gouvernement doit aussi réviser sa cible de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici la fin de l’année. Le gouvernement doit maintenant passer de la parole aux actes en adoptant une nouvelle cible à la hauteur des capacités du Québec et, surtout, prendre les moyens nécessaires pour l’atteindre. »

Adoptée à quelques jours de la 30e Conférence des Parties (CdP-30), le sommet annuel des Nations unies sur les changements climatiques, cette prise de position réaffirme le leadership du Québec à l’international. Dans un contexte où les négociations internationales touchent de plus en plus les domaines de compétence des États fédérés, le Québec a avantage à bâtir sur ses acquis dans la lutte contre la crise climatique. 

Signatures :

  • Leïla Cantave, Coordonnatrice à la stratégie et des membres internationaux, Réseau action climat Canada
  • David Roy, directeur général, Ateliers pour la biodiversité
  • Alice-Anne Simard, directrice générale, Nature Québec 
  • Jeanne Robin, directrice principale, Vivre en Ville
  • Charles-Edouard Têtu, Analyste des politiques climatiques et énergétiques, Équiterre
  • Denis Bolduc, Secrétaire-Général, Fédération des Travailleuses et Travailleurs du Québec (FTQ)
  • Michèle Asselin, directrice générale, Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
  • Rébecca Pétrin, directrice générale, Eau Secours
  • Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie, Greenpeace Canada
  • Patricia Clermont, organisatrice et porte-parole, Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
  • Geneviève Paul, directrice générale, Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE)
Autres ressources et actualités
marche-funebre_image_devant_la_flamme_31-10-2025

Destruction de lacs pour y déverser des déchets miniers: retour sur notre marche funèbre à Ottawa

5 novembre 2025

Vendredi le 31 octobre dernier, une trentaine de personnes, dont plusieurs bénévoles, ont bravé le froid et la pluie afin de participer à notre action symbolique pour dénoncer la destruction de lacs et cours d’eau par l’industrie minière. Appuyé par Mining Watch Canada et la Coalition Québec meilleure mine, nous avons porté des dizaines de pierres tombales, chacune symbolisant une zone sacrifiée comprenant entre un et quelques dizaines de lacs et cours d’eau, détruit par l’industrie minière afin d’y déverser des déchets miniers, lors d’une procession funèbre autour de la colline parlementaire à Ottawa. Suite à une conférence de presse, nous avons installé notre cimetière de lacs devant le Parlement!

Cette action était également l’opportunité de demander au gouvernement du Canada d’abroger l’article 5(1) du Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants (REMMMD) qui permet cette destruction des lacs et cours d’eau du Canada. 

Merci à tous les bénévoles ainsi qu’à nos partenaires pour cette belle action réussie!

À votre tour de demander la fin de cette pratique archaïque!

Participez à notre campagne en envoyant rapidement et facilement un courriel aux responsables de ce dossier au gouvernement du Canada. Demandez-leur d’abroger l’article 5(1) du REMMMD dès maintenant et d’exiger une meilleure gestion des déchets miniers. Ça ne prend que quelques secondes afin de faire entendre votre voix! 

Pour en savoir plus…

Consulter notre vidéo de retour sur l’événement du 31 octobre 2025: 

Consulter la conférence de presse au complet, captée par CPAC, avec Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours, Catherine Coumans, coordonnatrice de la recherche et du programme Asie-Pacifique de MiningWatch Canada et Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine et coresponsable du programme national de MiningWatch Canada.

Restez à l’affût! Nous préparons d’autres actions pour continuer la pression sur le gouvernement du Canada – il est temps que cette pratique digne du 18e siècle soit abolie!

2025-10-31 - destruction de lacs par les mines

Destruction de lacs pour y déverser des déchets miniers: le Canada doit mettre fin à cette horreur

31 octobre 2025

Ottawa, le 31 octobre 2025 – Eau Secours, soutenu par MiningWatch Canada et la Coalition Québec Meilleure Mine, demande au gouvernement du Canada d’abroger un article absolument terrifiant du Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants (REMMMD) qui permet la destruction de lacs et cours d’eau afin que des minières y déversent leurs déchets. L’organisme craint que ce cauchemar soit aggravé par la nouvelle Loi sur l’unité de l’économie canadienne (C-5) qui contient un mécanisme permettant d’ignorer complètement le REMMMD, déjà trop permissif à l’égard de la destruction de plans d’eau. 

Un article de règlement venu tout droit de la Quatrième dimension

Dans un mémo envoyé aujourd’hui aux ministres des Pêches et de l’Environnement et du Changement climatique afin de demander l’abrogation de l’article 5(1), Eau Secours avance que ce dernier va complètement à l’encontre de l’objectif premier du REMMMD qui est de protéger l’habitat du poisson. En autorisant les minières à utiliser un plan d’eau naturel comme poubelle de résidus miniers, moyennant un ajout du site visé à l’Annexe 2 du règlement, le gouvernement du Canada faillit à sa responsabilité et à ses engagements pour la protection de l’eau douce. Les minières ont pourtant amplement les moyens techniques et financiers de mieux gérer leurs déchets miniers. Les gouvernements provincial et fédéral s’entendent d’ailleurs pour dire que le remblayage de lacs ne devrait constituer qu’une solution exceptionnelle et de dernier recours. Pourtant, toutes les demandes faites par des minières désirant faire ajouter des plans d’eau à l’Annexe 2 ont été autorisées à ce jour. En d’autres mots, toutes les demandes de destruction de lacs ont eu le feu vert du fédéral. 

« Nous avons la forte impression que l’ajout d’un site à l’Annexe 2 du règlement n’est qu’une simple formalité, que les promoteurs de projets miniers n’ont qu’à cocher une case sur un formulaire pour que le gouvernement fédéral permette la destruction complète et totale de lacs et cours d’eau » se désole Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers chez Eau Secours.  

Des solutions alternatives plus respectueuses des milieux naturels existent pourtant. Le REMMMD pourrait plutôt exiger le remblaiement systématique des excavations (fosses et galeries) avec les déchets que leur exploitation génère. Cette option est souvent réfutée par les minières citant la perte d’un potentiel financier trop important. 

« Ce qu’on comprend de la situation actuelle, c’est que le gouvernement canadien préfère voir d’innombrables plans d’eau être transformés en poubelles minières plutôt que de forcer l’industrie à mettre à jour ses pratiques. On n’est plus en 1930! » s’indigne Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine et coresponsable du programme national de MiningWatch Canada. 

Des lacs dans les ténèbres

Selon Eau Secours, autant il est facile d’obtenir une autorisation pour les promoteurs, autant il est difficile pour la population d’obtenir des informations précises sur les plans d’eau remblayés. Une analyse préliminaire par l’organisme de chacun des décrets et études d’impact en lien avec l’Annexe 2, permet de répertorier minimalement 38 lacs, 39 étangs, 29 plans d’eau additionnels, 28 ruisseaux et 124 cours d’eau qui ont été utilisés ou sont en voie de l’être afin d’y enfouir des déchets miniers. Au vu du peu d’informations fournies, l’organisme craint cependant qu’il ne s’agisse là que de la pointe de l’iceberg de ce bilan inquiétant.

« La population est en droit de savoir comment les plans d’eau du Canada sont utilisés, ou dans ce cas, détruits au nom du progrès économique. Si plus de gens savaient ce qui se passe dans ces projets miniers lointains, l’acceptabilité sociale en prendrait un coup » assure M. Cloutier-Brassard. 

L’organisme rappelle qu’un sondage réalisé par la firme Léger en 2022 montre que la grande majorité de la population québécoise (89%) est favorable à des mesures environnementales plus strictes, dont « interdire le rejet de déchets miniers dans tout lac, rivière ou milieu écologique sensible ».

Eau Secours s’inquiète pour la suite compte tenu de l’adoption de la Loi sur l’unité de l’économie canadienne qui vise à accélérer les grands projets d’infrastructure. Cette loi contient un mécanisme qui donne le pouvoir à un ministre désigné de fixer les conditions d’approbation d’un projet et ainsi de passer outre certaines lois et règlements, dont le REMMMD. 

« C’était déjà trop facile pour les minières de détruire des lacs au Canada et voilà que cette nouvelle loi simplifiera davantage cette pratique qui date d’une autre époque, en écartant complètement tout débat démocratique sur ces questions. Pour quelques dollars aujourd’hui, le gouvernement est prêt à sacrifier l’eau dont nous manquerons demain. Ça n’a juste aucun sens, » de conclure M. Cloutier-Brassard. 

-30-

Contact média

Émile Cloutier-Brassard
Responsable des dossiers miniers, Eau Secours
514 799-2383
emile@eausecours.org

2025-10-22 Stablex-plainte

Des groupes portent plainte contre Stablex et dénoncent le désengagement du ministère de l’Environnement

22 octobre 2025

Montréal, le mercredi 22 octobre 2025 | Une coalition de groupes environnementaux, en partenariat avec la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex, a déposé aujourd’hui une plainte officielle au ministère de l’Environnement en lien avec les activités de l’entreprise américaine Stablex. La plainte fait suite notamment au déversement d’un liquide contaminé d’un camion quittant le site de l’entreprise Stablex à Blainville le 21 août 2025 ainsi qu’aux révélations de l’émission Enquête de Radio-Canada diffusée le 9 octobre 2025 citant des cas de rejets d’air pollué. Tous déplorent que le Ministère soit absent de la surveillance environnementale à Blainville et que la société civile se retrouve à devoir assurer cette tâche à sa place afin d’assurer la sécurité et le bien-être de la population ainsi que la protection de l’environnement.

Une plainte en 3 constats inquiétants

  1. Rejets atmosphériques – La plainte déposée par les groupes affirme que les témoignages d’anciens travailleurs à Stablex, récoltés dans le cadre de l’émission Enquête et faisant état de rejets d’air pollué, de nuages de poussière et de dépôts contaminés à l’arsenic et au mercure, « laissent craindre des émissions atmosphériques susceptibles de contrevenir au Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (Q‑2, r. 4.1) ». 
  2. Déversement de liquide contaminé – Le 21 août, un camion quittant le site de Stablex, a déversé des centaines de litres de liquide sur la voie publique. Ce liquide s’est rendu jusqu’au réseau pluvial menant au ruisseau Locke Head. Les analyses indépendantes  ont révélé des métaux lourds, des HAP cancérigènes, des hydrocarbures et des phénols à des concentrations dépassant les normes établies par la Communauté Métropolitaine de Montréal. Les groupes demandent qu’une vérification soit faite afin de confirmer si la déclaration post-déversement réglementaire a été faite en bonne et due forme par l’entreprise. 
  3. Dépassement des normes autour de Stablex – Une analyse indépendante des données du ministère de l’Environnement, effectuée par la Société pour vaincre la pollution, démontre que les concentrations de polluants autour de Stablex dépassent les normes sur la qualité de l’air. Ces dépassements s’ajoutent au dépassement des normes de l’eau et des sédiments mis en lumière lors d’un échantillonnage citoyen mené en 2023. Les groupes demandent donc la mise en place d’une veille sanitaire et de stations de mesure continues, ainsi qu’une révision de l’autorisation d’exploitation pour y intégrer des mesures de captation plus strictes et une évaluation des impacts cumulatifs. 

« Les indices de contamination s’accumulent alors que la passivité des autorités persiste. Il est plus que temps que le ministère de l’Environnement assume pleinement ses responsabilités et mette en place un suivi des activités de Stablex qui soit continu, rigoureux, aléatoire et complètement indépendant de l’entreprise afin d’assurer pleinement la sécurité de la population et de l’environnement » affirme Daniel Green, écotoxicologue et représentant de l’organisme Société pour vaincre la pollution (SVP). 

Déjà absent, le ministère de l’Environnement s’éclipse davantage

Le reportage d’Enquête révèle également que le ministère de l’Environnement fait entièrement confiance aux données fournies par Stablex plutôt que de mener ses propres suivis environnementaux indépendants, et ce, depuis de nombreuses années. Pour les groupes, cette situation témoigne d’un manque flagrant de rigueur et d’une déresponsabilisation inquiétante de l’État.

« Qui devrait assurer la surveillance des activités de Stablex? La multinationale américaine au lourd passé d’infractions environnementales elle-même ou le gouvernement du Québec dont la mission est d’assurer la sécurité de la population et des travailleurs et de protéger l’environnement », demandent les groupes.  

Ceux-ci dénoncent qu’au lieu de renforcer le rôle de surveillance du ministère de l’Environnement, le gouvernement du Québec choisisse de l’affaiblir davantage en remerciant plus de 130 employés. Cette décision ne fait qu’aggraver le vide institutionnel et la perte de confiance du public envers l’État.

D’ailleurs, les groupes rappellent qu’il aura fallu une campagne d’échantillonnage citoyenne révélant la présence de contaminants en quantités inquiétantes dans l’eau autour du site de Stablex pour que le Ministère se manifeste enfin et reprenne, très timidement, son rôle de gardien. Ils déplorent toutefois que le dernier échantillonnage effectué ait été réalisé en collaboration directe avec l’entreprise, compromettant ainsi son indépendance et sa crédibilité.

« Que reste t-il de la raison d’être de NOTRE ministère de l’Environnement? C’est ahurissant et tout à fait inacceptable que la responsabilité d’effectuer des vérifications environnementales indépendantes revienne désormais aux citoyens, à leurs frais et à leurs risques. C’est honteux. » déplore Marie-Claude Archambault, porte-parole de la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex

Signataires

Société pour vaincre la pollution
Eau Secours
Mouvement d’action régional en environnement
Coalition alerte à l’enfouissement Rivière-du-Nord
Mères au front Basses-Laurentides
Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex

– 30 –

Contact média

Mathieu Langlois, Eau Secours
514 588-5608
communications@eausecours.org

prelevements_mines_eau

Soif insatiable des minières : un nouvel outil d’analyse

16 juin 2025

Montréal, le 16 juin 2025 — Alors que le Québec observe actuellement le Mois de l’eau, « une célébration collective de la ressource misant sur la sensibilisation et l’éducation de la population », Eau Secours publie un outil inédit recensant l’ensemble des prélèvements d’eau par les minières actives au Québec entre 2012 et 2023. Inspirée d’un premier exercice mené en 2024 par le Regroupement Vigilance Mines en Abitibi-Témiscamingue, cette compilation rend visibles l’ensemble des volumes d’eau colossaux consommés par ce secteur. 

Des données disponibles, mais indigestes

Les données de prélèvement d’eau par les industries sont disponibles au public depuis 2024 seulement. Rappelons que c’est suite à un travail acharné d’Eau Secours et du Centre québécois du droit de l’environnement que le gouvernement du Québec a finalement levé le voile sur la consommation d’eau des grands préleveurs. Malgré qu’elles soient maintenant publiques, ces données n’en demeurent pas plus faciles à consulter ou à comprendre compte tenu du format très brut des informations rendues disponibles par Québec. C’est pourquoi Eau Secours a entamé cet exercice de traitement des données relatives à l’industrie minière afin d’en faire un outil plus accessible, mais tout de même très complet. L’organisme espère que ces données soient utilisées par différents secteurs de la société (groupes citoyens, journalistes, chercheurs, etc.) afin d’alimenter un débat de fond sur la saine gestion et la protection de cette ressource vitale.

Quelques données frappantes

Plusieurs données intéressantes peuvent ressortir de ce genre d’exercice permettant de peindre un portrait de la consommation d’eau des mines dont voici quelques exemples ci-dessous. L’outil rendu public contient également plusieurs graphiques pour mieux illustrer les informations. 

  • 943 milliards de litres d’eau : c’est la quantité totale d’eau prélevée par les minières au Québec sur 12 ans — soit l’équivalent de près de 380 000 piscines olympiques.
  • Mine Mont-Wright d’ArcelorMittal : championne de la consommation avec 365 milliards de litres à elle seule (39 % du total). Cette mine, régulièrement sanctionnée pour ses pratiques environnementales, trône tristement en tête du palmarès. Canadian Malartic (Agnico Eagle) suit en deuxième place avec plus de 109 milliards de litres consommés.
  • L’industrie minière a consommé en moyenne 78,57 milliards de litres d’eau par an de 2012 à 2023.

Une prise de conscience nécessaire

Les nouvelles données rassemblées lèvent le voile sur l’ampleur de l’utilisation d’eau par le secteur minier, dont la croissance rapide soulève d’importants enjeux environnementaux et sociaux. Alors que de nombreux projets voient le jour à travers le Québec, il devient urgent que le gouvernement impose des mesures pour réduire la consommation d’eau des minières, afin d’éviter des conflits d’usage et de limiter les impacts sur les écosystèmes déjà fragilisés par la crise climatique. 

Les chiffres montrent que les prélèvements des minières demeurent constants, peu importe les variations de précipitations, révélant une pression soutenue sur la ressource même en période d’étiage ou même de sécheresse. 

Eau Secours demande également à Québec d’élargir davantage la portée du registre public, qui exclut actuellement les préleveurs en deçà de 50 000 litres par jour, afin d’obtenir une vision complète et transparente de l’état de la ressource.

Un travail en cours

Eau Secours envisage de mettre à jour l’outil annuellement conjointement avec la publication des données par le gouvernement afin d’assurer un suivi dans le temps de la consommation des grands projets miniers sur notre territoire. Un exercice similaire sera également réalisé pour d’autres secteurs d’activités qui retiennent l’attention de l’organisme. En ce sens, Eau Secours et plusieurs partenaires travaillent à interpréter et analyser les données afin d’exposer certains aspects d’intérêt public. 

– 30 – 

Accédez à l’outil ici

En ligne: https://docs.google.com/spreadsheets/d/1KYwbZd_2Sq1Bk4x3FxvlgFrHmUBrhFIk/edit?gid=1267379799#gid=1267379799

Téléchargez une version Excel: https://eausecours.org/sites/eausecours.org/wp-content/uploads/2025/06/Prelevements-deau-de-lindustrie-miniere-Registre-2012-a-2023.xlsx

Pour plus d’informations

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514-588-5608
communications@eausecours.org

communaute-bleue-saint-denis-sur-richelieu_lg

La Municipalité de Saint-Denis-sur-Richelieu certifiée Communauté bleue : un engagement fort pour la protection de l’eau!

8 juin 2025

Saint-Denis-sur-Richelieu, le 8 juin 2025 La municipalité de Saint-Denis-sur-Richelieu est fière d’être nouvellement certifiée Communauté bleue par l’organisme Eau Secours. Cette certification confirme que la Municipalité reconnaît l’eau comme bien commun et faisant partie du patrimoine commun que tout le monde partage et dont la responsabilité incombe à toutes et à tous.

M. Pierre-Luc Archambault, maire de Saint-Denis-sur-Richelieu, a profité de la certification pour souligner l’importance et le rôle essentiel de l’eau pour la municipalité : « L’eau unit notre territoire, nos familles, notre histoire. À Saint-Denis-sur-Richelieu, nous croyons profondément que sa protection doit être l’affaire de toutes et tous. C’est pourquoi nous sommes fiers d’être désormais une Communauté bleue. »

« L’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement est un droit humain qui doit être porté par tous les paliers gouvernementaux. Les municipalités qui s’engagent à le respecter et à travailler pour préserver la qualité de l’eau sur le territoire sont des leaders et nous sommes heureuses de souligner leur travail aujourd’hui! » a affirmé Mme Gabrielle Roy-Grégoire, responsable des dossiers de gouvernance de l’eau pour Eau Secours qui félicite la Municipalité pour son engagement.  

Parce que l’eau est essentielle à la vie humaine, elle doit être régie par des principes qui assurent une utilisation raisonnable, un partage équitable et un traitement responsable afin de préserver l’eau pour la nature et pour les générations futures. C’est pourquoi, par cette certification, la Municipalité de Saint-Denis-sur-Richelieu s’engage à :

  • Reconnaître l’eau et les services sanitaires comme droits de la personne;
  • Interdire la vente et la distribution d’eau embouteillée dans les établissements municipaux et lors d’événements municipaux;
  • Maintenir le contrôle public sur les infrastructures d’eau et d’eaux usées.

Saint-Denis-sur-Richelieu est la 46e Communauté bleue du Québec, la 8e en Montérégie et la 4e dans la MRC de la Vallée du Richelieu, après Otterburn Park, Saint-Marc-sur-Richelieu et Beloeil. 

La remise de la certification s’est déroulée lors de la journée de l’eau annuelle, qui a été soulignée par une journée de pêche et de sensibilisation citoyenne au Parc Louis-Joseph Papineau, au Quai municipal, le 8 juin. Le certificat à été remis par Madame Roy-Grégoire au maire de la municipalité, Monsieur Pierre-Luc Archambault accompagné de Éric Lévesque et François Berthiaume, conseillers municipaux.

À propos du projet Communautés bleues

Le projet Communautés bleues a été lancé en 2009 dans le cadre d’une initiative conjointe du Conseil des Canadiens, le projet Planète bleue et le Syndicat de la fonction publique (SCFP). Le tout est coordonné au Québec par Eau Secours.

rapport_nouveau-monde-graphite-eausecours

Projet minier Matawinie : un nouveau rapport révèle des impacts sur l’eau de l’exploration pour un minerai «stratégique» dans Lanaudière

27 mai 2025

Saint-Michel-des-Saints, Montréal, le 27 mai 2025  –  Des groupes citoyens et écologistes publient aujourd’hui un important rapport sur les impacts des activités d’exploration minière de la compagnie Nouveau Monde Graphite (NMG) en Matawinie. À la suite d’une campagne indépendante d’échantillonnage citoyen, le rapport identifie de nombreux cas de concentrations en métaux lourds dans les cours d’eau qui dépassent des critères de protection de l’environnement, vraisemblablement attribuables aux activités d’exploration. Le rapport dénonce également des erreurs méthodologiques préoccupantes dans les évaluations environnementales réalisées par NGM. Les organismes demandent au gouvernement provincial de revoir radicalement l’encadrement de l’exploration minière au Québec.

UNE MOBILISATION CITOYENNE FACE AUX MINIÈRES

Préoccupés par les impacts de ces activités sur leur environnement et constatant l’absence totale du ministère de l’Environnement en termes de surveillance environnementale des activités d’exploration, des résidents de Saint-Michel-des-Saints, dont plusieurs sont sympathisants de la Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie (COPH), se sont mobilisés pour effectuer une importante campagne d’échantillonnage des cours d’eau bordant le site exploré par la minière. Ces données ont ensuite été traitées par un laboratoire accrédité.

Ces démarches et la rédaction du rapport publié aujourd’hui ont été soutenues par Eau Secours, la Société pour vaincre la pollution (SVP), la Coalition Québec Meilleure Mine (QMM) et MiningWatch Canada. 

DES CONCLUSIONS PRÉOCCUPANTES

Les conclusions du rapport soulèvent notamment deux enjeux préoccupants. Tout d’abord, les évaluations environnementales de NMG présentent des failles méthodologiques préoccupantes au niveau de la caractérisation initiale du milieu. Ce que la compagnie décrit comme un « état initial » des cours d’eau semble plutôt être un état évalué après que ces cours d’eau aient été détériorés par certaines des activités d’exploration de la minière. Ceci engendre donc des risques que l’encadrement environnemental qui en découle s’en trouve faussé.

De plus, des indices clairs pointent dans la direction d’apports en métaux lourds et en soufre dans les cours d’eau bordant le site minier. Les échantillons présentent notamment une concentration inquiétante en cadmium de 0,69 mg/kg dans les sédiments d’un cours d’eau situé juste à proximité des zones forées, alors qu’aucune concentration en cadmium n’a été détectée dans les sédiments de la station de référence. Les ministères de l’Environnement provincial et fédéral estiment pourtant que dès 0,60 mg/kg, des effets néfastes sur la vie aquatique sont attendus.

Face au manque de rigueur et aux risques de détérioration des cours d’eau, les groupes s’inquiètent de la capacité de NMG à développer un projet minier respectueux de l’environnement, d’autant que les impacts attendus lors de la phase d’exploitation d’une mine éventuelle seraient sans commune mesure avec ce qui a été réalisé jusqu’ici.

UN RESSERREMENT DE LA SURVEILLANCE ENVIRONNEMENTALE NÉCESSAIRE

S’appuyant sur les constats dressés dans le rapport, les groupes demandent à NMG de prendre acte des cas de détérioration des milieux hydriques identifiés et de mettre en place des mesures véritablement efficaces de contrôle de la pollution que génèrent ses activités. Il est également essentiel que la compagnie corrige ses erreurs méthodologiques identifiées dans le rapport.

À l’heure actuelle, les activités d’exploration échappent complètement aux processus d’évaluation environnementale et, sauf exception, aucune surveillance gouvernementale n’est prévue pour valider l’application de bonnes pratiques par les minières. Celles-ci bénéficient plutôt d’un régime d’auto-régulation qui leur est dangereusement favorable. Les organismes demandent donc au gouvernement provincial de revoir radicalement l’encadrement de l’exploration minière, en assujettissant tous travaux d’exploration minière à des consultations et des évaluations environnementales préalables.

Citations

« Il n’existe pratiquement rien qui documente les impacts observés de l’exploration minière sur les écosystèmes du Québec. Ce rapport est donc unique en son genre, puisqu’il contribue à créer de la littérature sur un sujet sous-évalué et dont les impacts multiples sont largement sous-estimés. » – Daniel Green, Société pour Vaincre la Pollution

« Il n’est pas normal que les citoyen·ne·s doivent prendre le rôle de chien de garde environnemental des minières. Cela témoigne de déficiences inquiétantes au niveau des capacités ou de la volonté du ministère de l’Environnement à jouer son rôle de gardien du territoire. » – Paul Comeau, Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie

« À l’ère où le gouvernement provincial met les gaz à fond dans son « virage vert », la mobilisation citoyenne et écologiste démontre une fois de plus les dérapages d’un projet minier de la « filière batterie ». Sommes-nous donc à nouveau devant un énième projet soutenu davantage par la foi aveugle de notre gouvernement que par des garanties réelles, notamment en matière de protection de l’eau et des milieux naturels ? » – Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers, Eau Secours

« Une chose est sûre : les minéraux critiques et stratégiques n’ont rien de vert. Au lieu de chercher à « alléger le fardeau administratif », le gouvernement devrait renforcer la surveillance des activités minières et sanctionner les contrevenants. Encore plus pour cette filière où des centaines de millions de dollars des contribuables sont en jeu. » – Rodrigue Turgeon, avocat, coresponsable du programme national de MiningWatch Canada et co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine

-30-

Bref historique et éléments de contexte du projet

Nouveau Monde Graphite Inc. (NMG) projette l’exploitation d’un gisement de graphite à Saint-Michel-des-Saints dans la région de Lanaudière. L’exploitation du gisement devrait produire annuellement 100 000 tonnes de concentré de graphite, sur une durée de 26 ans.

De 2013 à 2019, NMG a mené de vastes campagnes d’exploration minière. La compagnie minière travaille à y développer ce qui pourrait devenir la plus grosse mine à ciel ouvert de graphite en Amérique du Nord. À ce stade, le projet n’est pas soumis à une évaluation environnementale du gouvernement. En 2020, alors que le projet est soumis aux évaluations du BAPE, Nouveau Monde Graphite réalise une étude d’impact comportant des erreurs méthodologiques préoccupantes. 

Le rapport a été envoyé ce matin à la compagnie, au ministère de l’environnement et aux principaux investisseurs du projet minier – Panasonic, General Motors et Investissement Québec. Une présentation du rapport a été donnée à la municipalité de Saint-Michel-des-Saints hier et une invitation a été lancée à la communauté Atikamekw de Manawan. 

Pour plus d’informations

Consultez le rapport complet en cliquant ici…

  • Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers, Eau Secours : emile@eausecours.org, 514-799-2383
  • Paul Comeau, Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie : 514-776-0034
  • Daniel Green, co-président, Société pour vaincre la pollution : svp.pollution@gmail.com, 514-245-4676
  • Rodrigue Turgeon, avocat, coresponsable du programme national de MiningWatch Canada et co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine : rodrigue@miningwatch.ca, 819-444-9226