2026-09-29 Réaction au rapport de l'IREC-1

L’eau des municipalités accaparée par des entreprises privées : une nouvelle étude sonne l’alarme

29 septembre 2026

Montréal, le 29 septembre 2026 – Un rapport de recherche réalisé par l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) soulève des tendances préoccupantes dans la gestion des services d’eau au Québec. Après examen d’une banque de contrats privés octroyés par les municipalités, l’IRÉC identifie une influence croissante du secteur privé dans les services d’eau à travers la province qui inquiète le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec) et Eau Secours. Pour les deux organisations, le constat du rapport est alarmant: là où les municipalités ont recours au privé, elles dépendent d’un marché presque oligopolistique, avec très peu de concurrence; l’expertise publique s’érode et les mécanismes de transparence sont insuffisants.

Une concentration du marché qui inquiète

Eau Secours et le SCFP-Québec s’alarment d’abord du fait que deux entreprises seulement se partagent la majorité des contrats en gestion d’eau octroyés par les municipalités. À elles seules, les filiales du Groupe HELIOS, joueur principal dans ce marché, obtiennent les deux tiers des contrats et accaparent 86 % de leur valeur totale.

À une faillite près d’un monopole, dans un contexte où l’accès aux données est très difficile, le risque d’abus illégaux tels le trucage d’offres ou la fixation de prix est réel, mettent en garde les organisations. Dans 40% des cas, il n’y a qu’une seule soumission en réponse aux appels d’offres, révèle le rapport. Ce déséquilibre nuit directement au pouvoir de négociation des municipalités et place autant celles-ci que les citoyens et citoyennes en situation de grande vulnérabilité.

Un savoir-faire public essentiel pour une gestion adéquate

Au-delà du coût, c’est une perte de compétence collective à laquelle assistent les municipalités :

« Nos membres exploitent ces installations et ils voient les contrats glisser vers le privé, affirme Danny Dufour, du comité Promotion, Protection et Maintien de l’emploi au Syndicat des Cols bleus regroupés de Montréal (SCFP 301). Ils constatent ce que la collectivité y perd : un savoir-faire municipal qui s’efface, une capacité publique de décider qui rétrécit. C’est cette perte de maîtrise collective que nous refusons. »

Jean-François Rozon, du comité de Négociation au SCFP 301, renchérit : « On nous présente souvent la privatisation comme une solution à des problèmes de coûts. Mais soyons lucides : une entreprise privée doit d’abord servir ses actionnaires avant de servir la population. Elle choisit les contrats rentables et laisse le reste au public. Une fois qu’une municipalité a démantelé son expertise interne et signé un contrat à long terme, elle n’a plus de marge de manœuvre : le prix, le service et la redevabilité lui échappent. Ce que la municipalité économise sur papier aujourd’hui, c’est la population qui le paiera demain. »

L’information, condition d’une véritable imputabilité

Si les municipalités demeurent imputables de la qualité des services d’eau qu’elles offrent, elles doivent pouvoir en garder la maîtrise. Or, sans données ni expertise à l’interne, cette capacité s’effrite.

« À force de coupes au sein de l’appareil gouvernemental, on alimente un cercle vicieux où l’État doit chercher en dehors de sa propre structure pour assurer des services publics qu’il se doit d’offrir à la population, affirme

Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours. Cette tendance est inquiétante puisque sans données et sans expertise à l’interne, comment savoir quels travaux prioriser sur les réseaux? »

Un contexte politique qui appelle aux engagements

Alors que cinq partis prennent position sur le rôle du secteur privé dans les services publics, Eau Secours et le SCFP-Québec estiment que l’État doit rester en mesure d’exercer un suivi rigoureux et transparent de la gestion de l’eau et de soutenir les municipalités dans ce secteur.

Les deux organisations rappellent qu’une dépendance croissante au privé peut nuire à l’innovation. Les municipalités risquent alors de payer plus cher pour des services externes plutôt que de développer à l’interne les capacités nécessaires pour gérer leurs infrastructures d’eau de manière efficace et responsable. Eau Secours et le SCFP-Québec s’engagent d’ailleurs à déposer une demande auprès de l’Autorité des marchés publics afin qu’une enquête soit menée sur l’application des principes d’équité, de transparence et de saine concurrence. Dans un contexte où les demandes de soutien financier fusent des quatre coins du Québec, il est plus qu’urgent de faire la lumière sur ce secteur. Les deux organisations rappellent enfin que ce sont les citoyens et citoyennes, qui financent la gestion de l’eau potable par leurs taxes et leurs impôts, qui en sortent perdants.

Fondé en 1997, Eau Secours est un organisme québécois à but non lucratif voué à la protection et à la gestion responsable de l’eau. Il intervient notamment en matière de santé environnementale, d’accessibilité, d’équité et de défense collective du droit à l’eau.

Comptant 143 000 membres au Québec, le SCFP représente environ 70 % de l’ensemble des employés municipaux au Québec, soit quelque 40 000 membres. Le SCFP est de plus présent dans les secteurs suivants : les affaires sociales, les communications, l’éducation, les universités, l’énergie, les sociétés d’État et organismes publics, les transports aérien et terrestre, le secteur mixte, le transport maritime ainsi que le secteur incendie. Il est le plus grand syndicat affilié à la FTQ.

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Contacts médias

Julien Royal
Service des communications SCFP
514-638-1461
jroyal@scfp.ca

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514-588-5608
communications@eausecours.org

2026-09-15 Sondage Vire au vert-1

Sondage: santé et environnement sont indissociables et prioritaires

15 septembre 2026

Alors que la santé trône au sommet de la liste des défis à relever par le prochain gouvernement pour les Québécoises et Québécois, un nouveau sondage Léger commandé par la coalition Vire au vert révèle que les enjeux de santé et d’environnement sont intimement liés à leurs yeux. Alors que plus de la moitié (56%) des sondés placent la santé comme priorité, les Québécoises et Québécois ont soif de propositions. De l’alimentation saine à la qualité de l’air, le message est clair : la santé prise globalement dépasse les enjeux hospitaliers, et les électeurs et électrices s’attendent à voir des actions gouvernementales qui priorisent notre santé de toutes parts.

« À l’aube des débats des chefs, le message est clair : les gens veulent savoir quel est le plan pour réduire la pression sur les services de santé en maintenant les Québécois en bonne santé. Le Québec jouit de la plus longue espérance de vie du continent, et on veut savoir comment on peut construire sur ce succès.»

On le sait, de plus en plus de gens se trouvent face à des choix difficiles à l’épicerie, à cause de  l’augmentation du coût de la vie. Or la mesure qui ressort au sommet du palmarès demande un meilleur accès aux produits frais, locaux et abordables – c’est près de 90% des répondants qui le demandent.

« Mettre en valeur nos produits frais et durables d’ici, c’est une mesure dont tout le monde sort gagnant. Cela permet de soutenir nos agriculteurs et agricultrices, de réduire notre dépendance aux produits américains, tout en réduisant l’empreinte carbone et en contribuant à garder les Québécoises et Québécois en bonne santé. Alors que de trop nombreuses communautés vivent encore dans un désert alimentaire, ces résultats d’appui presque unanime indiquent aux partis qui aspirent au pouvoir qu’ils doivent prendre la question au sérieux.»

Par ailleurs, avec la multiplication des canicules, les priorités qu’indiquent ces réponses de sondage font aussi ressortir l’importance de l’accès à la nature et aux cours d’eau. Près de 90% des répondant.es voient l’impact positif de l’accès à la nature sur la santé et 75% des répondants voient d’un bon œil l’amélioration de l’accès aux cours d’eau pour réduire les impacts des vagues de chaleurs sur la santé. De plus, 81% des répondant.es souhaitent voir des subventions pour la rénovation énergétique des maisons.

« Les changements climatiques amènent déjà des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, et ce sont souvent les personnes les plus vulnérables qui en subissent le plus les impacts. Le prochain gouvernement doit avoir un plan pour aider les gens à faire face à cela. Un des défis résidera dans le fait d’éviter que cela contribue à la hausse des coûts de la vie pour les locataires, et que cela soit viable pour les propriétaires. »

Enfin, alors que plusieurs problèmes de santé sont de plus en plus solidement liés (données à l’appui) à la pollution atmosphérique, les mesures d’amélioration de la qualité de l’air reçoivent aussi un robuste appui dans ce sondage. En effet :

  • 88% des répondants considèrent qu’améliorer la qualité de l’air permet de réduire les problèmes de santé cardiorespiratoire et les coûts pour le système de santé;
  • des changements dans les procédés industriels et dans les carburants utilisés pour améliorer la qualité de l’air recueillent respectivement 79% et 65% d’appui; 
  • l’amélioration des réseaux de transport en commun pour réduire la pollution atmosphérique est aussi largement supportée, avec 79% d’appui.

« La santé est un sujet très large, et il est primordial de considérer l’impact des décisions prises dans l’ensemble de l’appareil gouvernemental sur la santé des gens, y compris afin de réduire la pression sur notre système de santé. Prioriser la santé, c’est respecter les lois et procédures environnementales pour lesquelles les gens se sont battus. Réduire la pollution, c’est améliorer la santé de tous, c’est soulager notre personnel hospitalier, c’est réduire les coûts de la santé dans nos finances publiques, c’est gagnant pour tout le monde. »

Signataires

  1. Geneviève Paul, Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE)
  2. Patricia Clermont, Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
  3. Martin Vaillancourt,  Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  4. Nadine Viau, Front commun pour la transition énergétique (FCTÉ)
  5. Thibault Rehn, Vigilance OGM 
  6. Karel Ménard, Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED)
  7. Andréanne Brazeau, Fondation David Suzuki
  8. Alice-Anne Simard, Nature Québec
  9. André Bélanger, Fondation Rivières
  10. Jean-François Rheault, Vélo Québec
  11. Marie-Soleil Gagné, Accès transports viables
  12. Alain Branchaud, SNAP Québec
  13. Daniel Rotman, Équiterre
  14. Sarah-Katherine Lutz, Environnement Jeunesse
  15. Rébecca Pétrin, Eau Secours
  16. Alexandra Gilbert et Caroline Tanguay, Réseau plein air Québec
  17. Maggie Harvey, Trajectoire Québec
  18. Rodrigue Turgeon, Coalition Québec meilleure mine
  19. David Paradis, codirecteur général, Vivre en Ville
  20. Sandrine Cabana-Degani, Piétons Québec
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Saint-Charles-Borromée certifiée « Communauté bleue »

14 septembre 2026

Saint-Charles-Borromée, le 14 septembre 2026 — Hier, 13 septembre, aux abords de la rivière L’Assomption, la Ville de Saint‑Charles‑Borromée a obtenu la certification « Communauté bleue ». Attribuée par l’organisme Eau Secours, cette reconnaissance souligne l’engagement municipal envers la protection de l’eau et la reconnaissance de son importance pour l’ensemble de la collectivité.

En obtenant cette certification, la Ville affirme que l’eau constitue un bien commun et un élément du patrimoine collectif dont la protection et la préservation sont une responsabilité partagée par l’ensemble de la société.

Pour obtenir cette reconnaissance, le conseil municipal a adopté trois résolutions répondant aux critères du programme. La Ville s’est ainsi engagée à :

  • Reconnaître le droit humain à l’eau et aux services d’assainissement;
  • Promouvoir des services d’eau potable et d’eaux usées financés, détenus et exploités par le secteur public;
  • Bannir l’usage et la vente d’eau embouteillée dans ses installations et lors de ses événements.

« L’eau est une richesse collective précieuse et, à Saint-Charles-Borromée, nous avons la responsabilité de la protéger pour les générations actuelles et futures. Bordée par la rivière L’Assomption, notre ville entretient un lien privilégié avec cette ressource essentielle. Nous sommes donc très fiers de joindre le mouvement des Communautés bleues, un engagement politique concret qui par ailleurs s’inscrit dans l’esprit du plan stratégique de la Ville 2021-2030 Ensemble vers un demain enviable. Cette reconnaissance vient confirmer notre volonté de faire de la protection et de la mise en valeur de l’eau une priorité pour la communauté charloise », souligne Alexis Nantel, maire de Saint‑Charles‑Borromée.

Cette certification vient également reconnaître les efforts déployés par la Ville afin d’assurer un accès fiable, sécuritaire et durable à l’eau potable. Au cours des dernières années, d’importants investissements ont notamment été réalisés pour l’agrandissement de la centrale d’eau potable et le remplacement du poste de surpression.

« L’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement est un droit humain dont la protection doit mobiliser tous les paliers de gouvernement. Par leur engagement à préserver la qualité de l’eau sur leur territoire, les villes jouent un rôle de premier plan. Nous sommes fières de souligner aujourd’hui le leadership de Saint-Charles-Borromée et son engagement envers la protection de cette ressource essentielle », a affirmé Mme Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours.

Saint‑Charles‑Borromée devient ainsi la 49e Communauté bleue du Québec, la 7e de Lanaudière et la première de la MRC de Joliette.

Une démarche citoyenne inspirante

La Ville tient également à souligner la contribution significative d’Alexane Durand, une jeune citoyenne de Saint‑Charles‑Borromée. En 2019, alors qu’elle était étudiante, elle avait présenté au conseil municipal le concept de Communauté bleue et les actions concrètes pouvant être mises en place localement. Cette mobilisation citoyenne a contribué à faire cheminer la réflexion municipale et à jeter les bases de la démarche qui se concrétise aujourd’hui.

À propos du projet Communautés bleues

Le projet Communautés bleues a été lancé en 2009 dans le cadre d’une initiative conjointe du Conseil des Canadiens, le projet Planète bleue et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Au Québec, le programme est coordonné par Eau Secours.

À propos d’Eau Secours

Fondé en 1997, l’organisme à but non lucratif Eau Secours a pour mission de promouvoir la protection et la gestion responsable de l’eau dans une perspective de santé environnementale, d’équité, d’accessibilité et de défense collective des droits de la population.

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Évaluation fédérale des pipelines : les groupes environnementaux déplorent la fin du regard externe indépendant

11 septembre 2026

Montréal, le 11 septembre 2026 – Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), Nature Québec, SNAP Québec, la Fondation David Suzuki, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, Greenpeace Canada, la Fondation Rivières, Eau Secours et Équiterre dénoncent vivement les modifications au Règlement sur les activités concrètes (la « Liste des projets ») publiées jeudi dernier, permettant à une série de projets présentant des risques sociaux, environnementaux et économiques élevés (pipelines interprovinciaux, installations pétrolières et gazières dans des parcs nationaux ou des aires protégées, etc.) de ne plus être assujettis à la Loi sur l’évaluation d’impact. Seule la Régie de l’énergie du Canada (REC) est désormais chargée d’évaluer ces projets. 

Or, le retrait de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) fait disparaître le regard externe d’une organisation qui n’entretient pas, contrairement à la REC, de relation continue avec les promoteurs et le secteur de l’énergie. Les signataires dénoncent cette décision qui vient significativement affaiblir le régime fédéral d’évaluation d’impact et qui comporte des risques importants de sous-évaluation des impacts environnementaux, sociaux et économiques de ces projets.

« Soyons clairs, il ne s’agit pas ici d’éliminer un dédoublement. Ce qu’on retire aujourd’hui, ce n’est pas une redondance administrative : ce sont des protections dont nous nous sommes dotés collectivement pour choisir de façon informée et éclairée et assurer la protection de la population », affirment les organisations signataires.

Ce que change le règlement

Les modifications retirent de la Liste des projets plusieurs catégories d’activités jusqu’ici assujetties à la LEI, notamment :

  • les pipelines internationaux et interprovinciaux;
  • les lignes de transport d’électricité internationales et interprovinciales;
  • certains projets d’énergies renouvelables extracôtières réglementés par la REC;
  • les installations pétrolières et gazières situées dans des parcs nationaux ou des aires protégées et réglementées par la REC;
  • les installations d’extraction in situ de sables bitumineux;
  • les centrales électriques alimentées par des combustibles fossiles.

Concrètement, les projets énergétiques relevant de la Loi sur la Régie canadienne de l’énergie : pipelines, lignes de transport d’électricité, certains projets extracôtiers, ne sont désormais évalués que par la REC, agissant seule. La commission d’examen intégré, qui associait jusqu’ici l’AEIC et la REC, est écartée pour ces projets.

Une évaluation limitée

En retirant l’AEIC du processus et en confiant l’examen des projets énergétiques à un seul organisme de réglementation sectoriel, la nature même de l’exercice risque de se transformer : d’une évaluation intégrée qui interroge la pertinence globale d’un projet dans l’intérêt public, vers un examen davantage centré sur des questions réglementaires plus techniques : le tracé, la technologie, les paramètres d’exploitation. Les questions plus larges sur la pertinence même de certains projets et sur les répercussions cumulatives pour les populations concernées risquent d’être reléguées au second plan.

Une participation publique et autochtone affaiblie

Bien que la REC prévoit ses propres mécanismes d’audience et de consultation, la participation significative de la population, le respect des droits des peuples autochtones et la protection de l’environnement figurent au cœur même du mandat et de l’expertise de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada. En écartant l’Agence de l’équation, un risque sérieux se pose quant à l’accessibilité du processus pour le public et pour les peuples autochtones potentiellement touchés par ces projets. 

« C’est précisément pour assurer une plus grande distance avec l’industrie des énergies fossiles et pallier de sérieux obstacles, notamment à la participation du public que le processus a été revu il y a quelques années » soulignent les organisations signataires. 

Une mesure injustifiée et infondée

Ces projets faisaient déjà l’objet d’une évaluation d’impact intégrée unique, menée par une commission d’examen conjointe de l’AEIC et de la REC. 

Les organisations signataires estiment que cette décision s’inscrit en droite ligne avec une série de mesures prises par le gouvernement fédéral au cours des derniers mois, qui affaiblissent les protections du public et qui pavent la voie à de nouveaux fiascos environnementaux, sociaux et économiques.   

 

LISTE DES ORGANISMES SIGNATAIRES

  • Centre québécois du droit de l’environnement
  • Eau Secours
  • Équiterre
  • La Fondation David Suzuki
  • La Fondation Rivières
  • Greenpeace Canada
  • Nature Québec
  • Le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec
  • SNAP Québec
2026-06-17 Communiqué - lacs morts - annexe 2

Plus de 650 hectares de plans d’eau québécois sacrifiés pour y déverser des résidus miniers – la population n’en veut plus

18 juin 2026

Montréal, le 18 juin 2026 – Alors qu’un récent sondage réaffirme que la grande majorité de la population québécoise s’oppose à la destruction de lacs et cours d’eau pour y déverser des résidus miniers, Eau Secours publie une compilation inédite de toutes les exemptions réglementaires accordées aux projets miniers leur permettant d’employer cette pratique controversée. L’organisme craint que cette méthode, qui devait être une exception de dernier recours à l’origine, soit maintenant le mode opératoire par défaut de l’industrie minière. Des projets miniers en cours d’évaluation au Québec, dont la mine de fer du Mont Sorcier près de Chibougamau, sont planifiés en intégrant la destruction de dizaines de plans d’eau pour y déverser leurs résidus tout comme cela a été fait dans le projet Bloom à Fermont. Eau Secours demande au prochain gouvernement du Québec de prendre acte de cette destruction insensée et de s’engager à y mettre fin dès le début de son mandat. 

Une pratique très impopulaire

Le sondage, commandé par Équiterre dans le cadre de la campagne Vire au vert, révèle que 82% de la population souhaite que le prochain gouvernement du Québec priorise une mesure interdisant l’utilisation des lacs pour rejeter les dépôts miniers. Ce sondage s’ajoute à celui effectué en 2022, au compte de la Coalition Québec meilleure mine, qui démontrait que 89% des Québécois étaient favorables à « interdire le rejet de déchets miniers dans tout lac, rivière ou milieu écologique sensible ». Pour Eau Secours, il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement du Québec tolère cette pratique alors que des alternatives éprouvées existent comme le remblaiement des fosses.  

« Compte tenu du manque total d’acceptabilité sociale de cette pratique et de l’existence d’alternatives préférables, il faut croire que les pressions de l’industrie, qui cherche à se simplifier la vie et maximiser ses profits, fonctionnent auprès gouvernement », estime Émile Cloutier-Brassard, analyste des projets miniers chez Eau Secours. 

6,6 km2 de plans d’eau transformés en poubelle pour résidus miniers au Québec

Le gouvernement canadien fournit très peu d’informations dans l’Annexe 2 du Règlement sur les effluents des mines de métaux et mines de diamants (REMMMD), que l’organisme qualifie volontiers de « liste noire » des lacs et rivières sacrifiés. Eau Secours a donc épluché les décrets, études d’impacts, analyse des scénarios alternatifs et autres documents portant sur chacune des autorisations listées dans ce règlement afférent à la Loi sur les pêches. L’organisme a ainsi produit et rend aujourd’hui disponible une base de données permettant de mieux comprendre l’ampleur de la destruction des plans d’eau causée par le déversement de déchets miniers au Canada.

C’est ainsi qu’Eau Secours a pu déterminer que, depuis 2002, année d’adoption du REMMMD, ce sont plus de 650 hectares, soit 6,6 km2, de lacs et autres milieux hydriques dont la destruction a été autorisée pour y déverser des résidus miniers au Québec. La province figure d’ailleurs au 3e rang des superficies totales de plans d’eau affectées par cette pratique au Canada. Pour l’ensemble du pays, la superficie totale affectée s’élève à plus de 4640 hectares, soit 46,5 km2.

Tableau 1 : Superficie de lacs et cours d’eau impactés par des mines par province

« Les impacts répertoriés dans notre analyse ne pourraient représenter que la pointe de l’iceberg en termes de dévastation des plans d’eau par l’industrie minière puisque les données disponibles sont très fragmentées. Si les gouvernements n’imposent qu’un encadrement minimal, puis n’effectuent pas de suivis de l’avancement des projets sur le terrain, ils faillissent à leur rôle d’assurer la protection des cours d’eau, » croit M. Cloutier-Brassard. 

L’organisme rappelle qu’en plus des données très incomplètes fournies par l’Annexe 2, le REMMMD ne s’applique pas aux mines de non-métaux et ne tient pas compte des lacs et rivières détruits par la construction des complexes miniers (fosses, usines, routes, etc.) dans leur ensemble. 

Une industrie de production de déchets, avant tout

Pourquoi cet engouement des minières pour déverser leurs résidus dans nos lacs et cours d’eau? D’abord, la méthode traditionnelle, qui implique la construction de digues de rétention, est plus coûteuse que l’utilisation d’un lac, qui est essentiellement « gratuit » pour l’entreprise. Ensuite, les mines, surtout celles à ciel ouvert, sont de plus en plus grosses. Enfin, il est important de rappeler qu’un projet minier est avant tout une entreprise de gestion de déchets – compte tenu du très faible ratio de minerai disponible dans le sol. Par exemple, pour obtenir 1 tonne de fer, un projet minier produira de 3 à 10 tonnes de déchets miniers. Pour une mine de graphite c’est plutôt de l’ordre de 1 pour 30. Mais ce sont les mines d’or qui prennent la palme du plus faible ratio: 1 gramme d’or pour 1 tonne de résidus, c’est-à-dire un ratio de 1 pour 1 million! Au Québec, environ 2 mines sur 3 sont des mines d’or actuellement.

Tableau 2 : Quantité de déchets miniers générés par l’extraction à ciel ouvert d’une tonne de substance exploitée

Source: Impacts des projets miniers sur l’eau – Guide de vulgarisation technique et législatif en vue de soutenir l’action citoyenne, Eau Secours, p.13

Un changement exigé avant qu’il ne soit trop tard

Selon une analyse de la description initiale de la mine Mont Sorcier de l’entreprise Voyager Metals Inc, dans la région de Chibougamau, plusieurs plans d’eau pourraient être ajoutés à l’Annexe 2 pour y déverser les résidus miniers du projet – un exemple parmi plusieurs autres. Cette compagnie envisageait initialement de détruire 24 plans d’eau et 90 cours d’eau pour la construction de sa future mine, ce qui inclut une destruction prévue pour le déversement de ses déchets miniers.

Eau Secours craint que cette pratique devienne la méthode préconisée par les promoteurs miniers afin de faciliter la gestion de leurs résidus miniers si aucune action n’est entreprise par nos gouvernements. Malgré que l’autorisation finale de détruire des plans d’eau revienne au gouvernement fédéral, l’organisme croit que c’est à Québec d’agir afin de bloquer les projets miniers qui souhaitent se débarrasser facilement de leurs déchets dans les lacs et cours d’eau de la province. 

« Voilà une belle occasion pour le prochain gouvernement qui siègera à Québec de démontrer son engagement à respecter les souhaits de sa population. Le message envoyé est clair, ici on tient aux lacs – à notre patrimoine Bleu. Si vous voulez exploiter une mine au Québec, vous devrez trouver des solutions respectueuses de notre eau », conclut M. Cloutier-Brassard. 

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Annexe

Fiche technique offrant plus d’informations sur la base de données et l’annexe 2 du REMMMD (PDF)

Contact médias

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514-588-5608
communications@eausecours.org

2026-06-09_Canadian civil society is clear

« Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs » : plus d’une centaine d’organisations à travers le pays et plusieurs députés dénoncent les projets de pipelines sur la côte Ouest

9 juin 2026

Territoires non cédés de la Nation algonquine Anishinaabe [OTTAWA], 9 juin 2026 :

Manifestant une solidarité nationale et transpartisane aujourd’hui sur la Colline du Parlement, des experts de la société civile, soutenus par plus de 120 organisations d’un océan à l’autre, ainsi que des députés de trois partis, ont dénoncé les projets irresponsables du gouvernement fédéral visant à soutenir la construction d’un nouvel oléoduc reliant l’Alberta à la côte Ouest.

Lors de la conférence de presse d’aujourd’hui, des experts en droit, en santé et en environnement ont mis de l’avant les risques posés par un nouveau pipeline, à l’approche de la date limite du 1er juillet fixée par l’Alberta pour soumettre un projet pipeline au Bureau des grands projets pour une évaluation accélérée.

Patrick Bonin, député du Bloc québécois, Leah Gazan, députée du NPD, et Elizabeth May, cheffe du Parti vert, se sont également prononcés contre les projets de pipeline.

Plus de 120 organisations de la société civile ont signé une lettre ouverte exprimant leur solidarité contre la construction de nouveaux pipelines d’énergies fossiles vers la côte Ouest ou n’importe où ailleurs au Canada.

Alors que les marchés asiatiques accélèrent leur transition vers une sortie du pétrole, un nouveau pipeline pétrolier nécessiterait vraisemblablement d’importantes subventions publiques pour pouvoir être viable. Dans un récent sondage de Liaison Stratégies réalisé dans des circonscriptions clés de Colombie-Britannique et du Québec, 68 % des personnes interrogées se sont opposées au financement fédéral d’un nouveau pipeline, et six sur dix ont indiqué qu’elles seraient moins enclines à voter pour un ou une député•e soutenant des subventions aux énergies fossiles.

La conférence de presse d’aujourd’hui intervient après plus d’un an de recul en matière d’environnement. Tout récemment, le gouvernement fédéral a proposé des modifications réglementaires qui démantèleraient les garde-fous environnementaux du Canada, permettant d’accélérer encore davantage la construction de nouveaux pipelines sans évaluations d’impact, et n’a laissé que quelques semaines pour consulter le public. Suite à un élan de protestations général, le gouvernement a annoncé jeudi dernier que la période de consultation serait prolongée jusqu’à la fin juillet.

Aujourd’hui, à la Colline du Parlement, Emilia Belliveau, responsable du programme de transition énergétique chez Environmental Defence, a déclaré :

« Il n’y a pas de « bon » tracé pour le projet d’oléoduc en Alberta. Un nouveau pipeline transportant un million de barils de pétrole par jour, ainsi que l’extraction nécessaire pour le remplir, éloignera encore plus le Canada de ses objectifs climatiques et en matière de protection de la nature. Ne pas atteindre ces objectifs, ce n’est pas une perte abstraite. Ça aura des conséquences dévastatrices pour les écosystèmes dont on dépend, et ça risque de causer de réels dommages aux lieux, à la nature, aux gens et aux communautés qu’on aime. »

Anne-Céline Guyon, analyste climat-énergie chez Nature Québec, a déclaré : 

« Que ce soit par un pipeline de sables bitumineux vers l’ouest ou de gaz vers l’Est, tous les projets visant l’expansion de la production des énergies fossiles font fausse route. Aucun projet ne peut servir l’intérêt du Canada s’il détruit ce qui fait son identité :  un attachement profond à la nature. »  

Anna Johnston, avocate chez West Coast Environmental Law, a déclaré :

« Les pipelines posent des risques majeurs pour le climat, les cours d’eau et les espèces auxquelles les Canadiens sont attachés et dont ils dépendent. Les lois environnementales ne sont pas une simple formalité administrative : elles forment un filet de sécurité. Le gouvernement Carney propose de démanteler complètement ce filet de sécurité. Nous demandons au gouvernement de retourner à la table à dessin et de veiller à ce que les Canadiens disposent des garanties juridiques nécessaires pour avoir l’assurance que les grands projets leur soient vraiment profitables. »

Robb Barnes, directeur du programme Climat de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, a déclaré : 

« Qu’il s’agisse d’un nouveau gazoduc vers la côte ouest ou de nouveaux projets de GNL au Québec, le gouvernement Carney semble revenir à la philosophie du « drill, baby, drill » qui caractérisait l’ère Harper. L’Association canadienne des médecins pour l’environnement demande au gouvernement Carney de placer la santé et la sécurité de la population canadienne en tête de ses priorités. C’est de la santé de nos finances publiques dont il est aussi question. Arrêtons les projets pétrogaziers! »

Les intervenant•es et les sympathisant•es de 12 organisations se sont ensuite rassemblés sur la Colline du Parlement pour une séance photo, brandissant des bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs. »

Les photos des événements d’aujourd’hui sont disponibles dans ce dossier.

L’enregistrement de la conférence de presse peut être visionné ici.

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Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d’organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de près de 200 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

2026-06-02 Communiqué Sondage - Vire au vert-1

Sondage : les Québécois(es) veulent des solutions environnementales qui protègent leur qualité de vie

2 juin 2026

Québec, 2 juin 2026  – À quelques mois de la campagne électorale québécoise, un nouveau sondage commandé par Équiterre est sans équivoque : les citoyen(ne)s réclament des engagements concrets pour protéger ce qui est essentiel à leur qualité de vie — l’air pur, l’eau potable, la sécurité alimentaire et une meilleure mobilité. 

Protéger l’eau potable et la qualité de l’air

L’accès à l’air pur et à l’eau potable constitue le fondement même de la santé publique. Or, face à des épisodes de sécheresse, de canicule et de feux de forêt de plus en plus fréquents, les gouvernements tardent à agir à la hauteur des enjeux.

La gestion durable et équitable de l’eau potable n’est plus une option : c’est une nécessité. En l’absence de politiques publiques claires, les pénuries d’eau dans certaines régions du Québec risquent de s’amplifier, ce qui va alimenter les conflits d’usage, notamment au niveau agricole et municipal.

La qualité de l’air et les enjeux de santé reliés à la pollution sont également cruciaux parce que l’air est tout aussi vital. Que leur cause relève de l’aménagement du territoire et des axes routiers – près desquels trop de populations vulnérables sont logées – ou de l’activité industrielle, les problèmes de santé reliés à la qualité de l’air doivent cesser d’être traités comme des enjeux collatéraux.

Quelques chiffres

  • 82 % des répondant(e)s veulent que le gouvernement développe une stratégie industrielle qui ne mette pas à risque la santé de la population.
  • 76 % des répondant(e)s aimeraient qu’on priorise des aménagements qui permettent de récolter les eaux pluviales afin de se prémunir des sécheresses.
  • 67 % des répondant(e)s réclament une stratégie nationale de l’air pour agir sur les problèmes de santé associés à une mauvaise qualité de l’air.

Augmenter l’autonomie et la sécurité alimentaire

Plus de 70 % des répondant(e)s considèrent que chacune des quatre mesures proposées en matière d’autonomie alimentaire devrait être prioritaire pour le prochain gouvernement. Il s’agit d’un signal clair des attentes élevées de la population québécoise sur cet enjeu permettant de renforcer l’autonomie et la résilience du Québec.

Les formations politiques sont ainsi appelées à s’engager concrètement pour protéger la santé des sols, promouvoir une agriculture diversifiée et valoriser les produits locaux.

Quelques chiffres

  • 78 % des répondant(e)s veulent que davantage de producteurs locaux fournissent les institutions (écoles, hôpitaux, etc.) et les détaillants (épiceries).
  • 78 % des répondant(e)s réclament que la santé des sols agricoles soit préservée en réduisant l’utilisation de pesticides et engrais non essentiels.
  • 74 % des répondant(e)s souhaitent que les terres agricoles soient protégées en limitant les usages non agricoles et non essentiels.

Améliorer le service de transport collectif

Pour réduire la congestion automobile, les Québécois(es) s’attendent à ce que le prochain gouvernement investisse dans les alternatives à la voiture. Un réseau de transport collectif et actif structurant, efficace et accessible est en effet la clé d’un changement durable dans nos habitudes de déplacement. 

Pour y arriver, les formations politiques devront non seulement prendre soin des infrastructures existantes, mais aussi intégrer ces solutions à l’aménagement du territoire.

Quelques chiffres

  • 78 % des répondant(e)s aimeraient que le service et la fréquence des réseaux de transport en commun soient améliorés.
  • 75 % des répondant(e)s souhaitent que les nouveaux logements construits dans les villes et banlieues soient desservis par un réseau de transport collectif et actif.

Citation

« Ce sondage révèle que les Québécois(es) adhèrent massivement aux pistes de solutions proposées par la coalition Vire au Vert pour s’attaquer aux enjeux environnementaux d’importance. C’est un plan de match concret qui peut être facilement déployé par les formations politiques qui feront campagne lors des prochaines élections », affirment les membres de la coalition Vire au Vert.

À propos de Vire au vert

Vire au vert (vireauvert.org) est une coalition regroupant une vingtaine d’organisations environnementales et de la société civile québécoise. Elle œuvre à promouvoir des politiques publiques durables, à sensibiliser la population aux enjeux environnementaux et à renforcer le dialogue entre la société civile et les décideurs politiques.

2026-05-14 Communiqué protection env fédéral

Coup de hache annoncé dans les protections environnementales: les député-e-s fédéraux-ales sommé-e-s d’agir avec conscience

14 mai 2026

Montréal et Québec, le 14 mai 2026 – Des organisations environnementales, des groupes citoyens et des organismes de la société civile québécoise lancent un appel à l’ensemble des député-e-s fédéraux-ales afin qu’ils et elles refusent de cautionner l’affaiblissement accéléré des protections environnementales actuellement envisagé par le gouvernement fédéral.

Parce que ces propositions risquent de transformer en profondeur la nature et l’identité du Canada, les groupes demandent à l’ensemble des élu-e-s de faire passer l’intérêt public, la santé de la population, la protection de la nature et l’avenir des prochaines générations avant les priorités à court terme du secteur privé.

« Les député-e-s ont été élu-e-s pour défendre les intérêts de leurs communautés, pas pour signer un chèque en blanc à une dérèglementation sans précédent au service des industries polluantes. Nous leur demandons d’avoir le courage de parler haut et fort pour refuser que le gouvernement fédéral saccage nos protections environnementales », déclarent les organisations signataires.

Les organisations estiment que les réformes proposées par le gouvernement canadien en matière de législation et de réglementation environnementale sont pires que celles qu’on a connues dans le passé : elles solidifient encore davantage une concentration inquiétante des pouvoirs décisionnels entre les mains du gouvernement et mènent à des reculs encore plus importants en transférant les risques sur la population. 

« Derrière les slogans sur la rapidité et l’efficacité se cache le démantèlement des protections bâties au fil de décennies pour protéger la population, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les espèces qui disparaissent et les milieux naturels dont dépend notre santé et notre qualité de vie », expliquent les organisations.

Les groupes rappellent que, comme l’a maintes fois souligné le commissaire fédéral à l’environnement et au développement durable, le déclin environnemental du Canada ne résulte pas d’erreurs ponctuelles, mais d’une culture de pollution tolérée et de planification politique à court terme. « Il faut se demander : à qui bénéficie vraiment ces réformes ? Pendant que le gouvernement déroule le tapis rouge aux industries polluantes, les ménages canadiens attendent toujours des retombées concrètes qui vont permettre de baisser le coût de la vie », se désolent les organisations. 

Les groupes rappellent que les conséquences de l’affaiblissement des règles environnementales ne seront pas abstraites. « L’évaluation environnementale n’est pas un obstacle à contourner, c’est notre filet de sécurité contre une nouvelle génération de dommages coûteux et irréversibles. Quand des milieux naturels seront détruits, quand des communautés devront vivre avec davantage de pollution ou subir les conséquences de catastrophes climatiques plus coûteuses et plus fréquentes, il sera trop tard pour dire qu’on ne savait pas », expliquent les groupes.

Les organisations préviennent qu’un affaiblissement précipité des règles environnementales risque également d’alimenter les tensions sociales, les conflits avec les communautés locales et autochtones, et les contestations juridiques partout au pays. « À tous-tes les député-e-s qui ont à cœur de laisser aux générations futures une planète habitable, une nature vivante et des communautés résilientes, nous lançons un appel à votre conscience. Attaquez-vous aux vraies causes des délais plutôt qu’aux mesures qui protègent la population », concluent les organisations.

Organisations signataires : 

  • SNAP Québec
  • Nature Québec
  • Greenpeace Canada
  • Vigilance OGM
  • Centre québécois du droit de l’environnement
  • Mères au front
  • Fondation David Suzuki
  • Équiterre
  • Fondation Rivières
  • Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  • Les AmiEs de la Terre de Québec
  • Ateliers pour la biodiversité 
  • Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
  • Eau Secours
  • Société pour Vaincre la Pollution (SVP)
  • Terravie FFC Fond Foncier Communautaire
  • Coalition Alerte à l’Enfouissement Rivière-du-Nord (CAER)
  • Projet de la Réalité climatique Canada (PRCC)
  • Front étudiant d’action Climatique (FÉDAC)
  • Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
  • Coalition Action Déchets Toxiques (CADT)
  • Réseau action climat Canada (CAN-Rac)
  • Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED)
  • GroupMobilisation (GMob)
  • Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME)
  • Regroupement Vigilance Énergie Québec (RVÉQ)
2026-04-22 Communiqué JDLT

Jour de la Terre : la coalition Vire au vert veut des élections provinciales connectées aux « besoins urgents » des Québécois(e)s

22 avril 2026

MONTRÉAL, 22 avril 2026 – À l’occasion du Jour de la Terre, la coalition Vire au vert, regroupant 24 organisations environnementales et issues de la société civile, présente ses attentes pour la campagne électorale à venir et propose une série d’orientations et de pistes d’actions qui auront un impact concret pour bâtir l’autonomie et la résilience dont la population du Québec a besoin.

Reconnecter la politique aux besoins

Pour les organisations membres de Vire au vert, l’environnement n’est pas un enjeu parmi d’autres. C’est un levier pour agir sur ce qui préoccupe les gens au quotidien et leurs besoins les plus urgents : le coût de la vie, la qualité des milieux de vie, la santé et l’avenir de nos enfants.

« Ce qu’on propose aujourd’hui, ce sont des pistes de solution qui ont du sens, qui sont nécessaires et porteuses pour nous rendre plus résilients face aux crises économiques, énergétiques, climatiques et de santé », affirment les membres de la coalition. 

Les Québécois et Québécoises ont besoin de solutions concrètes. Et le Québec a déjà montré qu’il pouvait innover et agir avec audace. Avec un modèle de développement qui nous est propre, nous pourrons mieux surmonter les défis actuels en misant sur nos atouts. 

« Face aux bouleversements économiques, sociopolitiques et climatiques, notre autonomie et notre capacité à affronter les crises passent par la valorisation du territoire, l’utilisation durable de nos ressources collectives et le renforcement de la démocratie », ajoutent les organisations.

Des orientations prêtes à être utilisées par les partis

C’est pour répondre aux défis actuels que la coalition présente aujourd’hui à l’ensemble des formations politiques québécoises une série d’orientations pour guider l’élaboration de leurs futures plateformes électorales.

Des pistes d’action ont été identifiées par les groupes membres de Vire au vert, par exemple mettre en place un répertoire de l’ensemble des prélèvements d’eau pour une meilleure gestion en période de sécheresse, accroître les accès publics aux berges des lacs et rivières pour favoriser la pratique des activités de plein air et développer simultanément les projets d’habitation et de mobilité durable pour répondre adéquatement à la crise de l’habitation et réduire la congestion.

La coalition souhaite ainsi rappeler que notre eau, notre air, nos terres agricoles, notre énergie – et la manière dont nous utilisons ces ressources stratégiques – seront déterminants pour positionner le Québec sur la scène nationale et internationale et assurer un avenir sain, viable et durable pour tous les Québécois et Québécoises.

À propos de Vire au vert

Vire au vert (vireauvert.org) est une coalition regroupant 24 organisations environnementales et de la société civile québécoise. Elle œuvre à promouvoir des politiques publiques durables, à sensibiliser la population aux enjeux environnementaux et à renforcer le dialogue entre la société civile et les décideurs politiques.

Réaction budget + JME

Journée mondiale de l’eau et budget du Québec, peu d’ambition pour la protection de l’eau potable… à la source!

20 mars 2026

Montréal, le 20 mars 2026 – Dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau et en réaction au budget québécois 2026-2027, Eau Secours rappelle que pour protéger l’eau du Québec, le gouvernement du Québec doit faire preuve de rigueur dans le suivi de la qualité des eaux ainsi que dans la réduction des principales sources de contaminations, soient d’origine industrielles et agricoles. Soutenons le travail des municipalités en préservant les sources d’eau potable en amont.  

« Nous constatons que le budget présenté par le gouvernement ne permettra pas d’améliorer, ou même de restaurer la capacité du ministère de l’Environnement à agir pour réduire les rejets de contaminants dans les cours d’eau au Québec. Sans ce rôle indispensable de gardien de l’eau, ce sont, encore une fois, les municipalités qui devront s’adapter pour maintenir nos eaux municipales aux exigences élevées de potabilité » précise Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours.

Rappelons qu’à l’automne dernier, 2 semaines après avoir supprimé 134 postes au ministère de l’Environnement, le programme de suivi de la qualité de l’eau des rivières s’est vu arrêté 2 mois plus tôt que prévu. Au même moment, le même ministère publiait un rapport sur l’état des ressources en eau et des écosystèmes aquatiques du Québec lequel faisait mention que les résultats révèlent un bilan davantage négatif que positif (1).

Avec un besoin financier actuel pour les infrastructures municipales d’eau à près de 20 milliard de dollars, avons-nous vraiment besoin d’en ajouter davantage(2)?

Écoutons la science

En 2025, le rapport sur l’état des ressources hydriques et écosystèmes souligne que 84 % des problématiques prioritaires identifiées par les organismes de bassins versants sont liées à la qualité de l’eau et aux impacts des rejets(3). Ce constat renforce la nécessité de refinancer nos ministères et centres de suivis afin d’exercer un meilleur suivi et contrôle de la qualité de l’eau au Québec. Plus précisément, nous demandons de miser sur une protection à la source, une option plus viable économiquement et « qui peut jouer un rôle crucial dans la réduction des contaminants »(4). Ces mesures doivent:

  • Valoriser l’expertise des employés du ministère de l’Environnement et particulièrement du Centre d’expertise en analyse environnemental du Québec en reculant sur les récentes coupures(5) et en les finançant adéquatement afin de maintenir le travail essentiel de ce ministère;
  • Améliorer le respect des bandes riveraines autour des cours d’eau. Les bandes riveraines aident, entre autres, à filtrer naturellement les rejets agricoles comme le phosphore et les pesticides(6);
  • Resserrer le suivi environnemental du secteur industriel, incluant les activités tel que le recyclage de batteries(7) et les fonderies(8).
  • Investir dans un suivi en continu de la qualité de nos eaux de surfaces, par exemple dans des analyses plus rigoureuses des contaminants, dont les contaminants émergents.
  • Établir des normes de qualité des eaux de surface afin de limiter au maximum le rejet de contaminants en amont.

L’organisme se dit tout de même rassuré de constater que le budget accordé au Fonds bleu est maintenu permettant de reconduire le Plan national de l’eau.

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Pour plus d’informations

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514 588-5608
communications@eausecours.org

Sources

1. https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/rapport-eau/rapport-eau-2025.pdf

2. https://ceriu.qc.ca/bibliotheque/rapport-2025-du-portrait-infrastructures-eau-municipalites-du-quebec-piemq

3. https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/rapport-eau/rapport-eau-2025.pdf

4. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/environnement/eaux-usees/installations-municipales/suivi-exploitation-omaeu/table-consultation-contaminants-nocifs-eaux-usees-municipales-rapport.pdf

5.https://www.ceaeq.gouv.qc.ca/accreditation/Avis/avis-2025-07-31.pdf

https://spgq.qc.ca/2025/09/abolitions-de-postes-le-spgq-denonce-les-reductions-de-service/ 

6. https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/rapport-eau/rapport-eau-2025.pdf 

7. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221798/usine-terrapure-plomb-travailleurs-fleuve

8. https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-03-16/fonderie-horne-de-rouyn-noranda/les-rejets-d-arsenic-bondissent.php