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Accélérer les yeux fermés: un passe droit pour le projet minier Matawinie, déjà critiqué pour ses impacts sur l’eau

13 novembre 2025

Montréal, le 13 novembre 2025 – Des organisations environnementales et citoyennes s’opposent à ce que le gouvernement du Canada ajoute le projet minier Matawinie, de Nouveau Monde Graphite (NMG), au rang des « projets d’intérêt national », car les activités d’exploration minière de NMG auraient déjà engendré une détérioration des cours d’eau de la région. Un rapport à cet effet a été publié au printemps dernier.

Ils dénoncent également l’octroi d’importantes sommes publiques à cette exploitation visant notamment à fournir l’industrie militaire.

« Alors que Nouveau Monde Graphite se présentait comme une solution à la crise climatique et n’en était qu’à l’étape des forages, nous observions déjà une détérioration inquiétante des cours d’eau autour de sa future mine. Maintenant qu’elle se présente comme un fournisseur de l’industrie militaire, qu’en sera-t-il lorsque la compagnie creusera, en accéléré, une fosse de 2 kilomètres avec le soutien financier du gouvernement fédéral ? » questionne Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers chez Eau Secours.

Les organismes demandent donc au gouvernement du Canada de retirer le projet Matawinie de NMG de la liste des projets d’intérêt national.

Afin d’éviter une contamination des milieux hydriques, tels le lac Taureau et la rivière Matawin, le projet minier Matawinie doit souscrire au même encadrement réglementaire que les autres mines du Canada. C’est pourquoi Eau Secours a demandé, le 31 octobre dernier,  d’élargir la portée du Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants et du Règlement sur les activités concrètes pour inclure le graphite à l’encadrement de ces deux règlements. 

À défaut de répondre favorablement à ces demandes, les organismes estiment que le gouvernement du Canada faillit dangereusement à sa responsabilité, à son devoir de consultation de la population et à ses engagements pour la protection de l’eau douce.  

« Le gouvernement semble oublier complètement que la préservation de l’eau douce et de l’environnement est une priorité d’intérêt national. Si, dans le futur, le Canada devait manquer d’eau par manque de vision politique aujourd’hui, ce ne sont ni les opportunités économiques, ni l’armement produit fièrement avec du graphite “canadien” qui viendront régler ce problème » se désole Rébecca Pétrin, directrice-générale d’Eau Secours.

« Il importe plus que jamais de mettre à jour la réglementation fédérale : le gouvernement canadien ne peut pas se permettre de soutenir massivement l’industrie minière tout en l’exemptant de se conformer aux règles minimales dont le pays s’est doté » s’indigne Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine. 

Les organismes rappellent qu’un sondage réalisé par la firme Léger a révélé, en 2022, que la grande majorité de la population québécoise (86%) demande « que tous les projets de mines et d’agrandissement de mines soient soumis à des évaluations environnementales ».

« Le récent virage du projet Nouveau Monde Graphite vers l’armement illustre une orientation troublante : Ottawa et Québec privilégient les intérêts militaires au détriment de la lutte aux changements climatiques. Les minéraux critiques comme le graphite sont essentiels pour nos panneaux solaires et nos batteries, mais avant de creuser partout, réutilisons ce qu’on a déjà! Protégeons les écosystèmes sensibles et assurons-nous que ces minéraux servent réellement la transition énergétique, pas la guerre » dénonce Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada

« Le rapport de mai dernier révélait déjà des impacts sur l’eau dus à l’exploration de NMG. Face à ce constat qui n’ira, selon nous, qu’en empirant, voire affectera négativement et de façon importante l’environnement d’une région de villégiature, pourquoi le gouvernement fédéral s’entête-t-il à appuyer un projet qui ne rencontre pas l’acceptabilité sociale mais qui génère plutôt sa division ? » ajoute May Dagher du comité administratif de la Coalition des opposants à un projet minier en Haute Matawinie (COPH)

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Signataires

  • Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours
  • Rodrigue Turgeon, avocat, co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine
  • André Bélanger, directeur général, Fondation Rivières
  • Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada
  • Daniel Tokatéloff, Association pour la protection du lac Taureau (APLT)
  • May Dagher, membre de comité administratif de la COPH

Contact média

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514-588-5608
communications@eausecours.org

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Rapport | Impacts des travaux d’exploration de Nouveau Monde Graphite sur l’eau en Haute-Matawinie

Rapport publié le 27 mai 2025

Des groupes citoyens et écologistes ont préparé un important rapport sur les impacts des activités d’exploration minière de la compagnie Nouveau Monde Graphite (NMG) en Matawinie. À la suite d’une campagne indépendante d’échantillonnage citoyen, le rapport identifie de nombreux cas de concentrations en métaux lourds dans les cours d’eau qui dépassent des critères de protection de l’environnement, vraisemblablement attribuables aux activités d’exploration. Le rapport dénonce également des erreurs méthodologiques préoccupantes dans les évaluations environnementales réalisées par NGM. Les organismes demandent au gouvernement provincial de revoir radicalement l’encadrement de l’exploration minière au Québec.

Il n’existe pratiquement rien qui documente les impacts observés de l’exploration minière sur les écosystèmes du Québec. Ce rapport est donc unique en son genre, puisqu’il contribue à créer de la littérature sur un sujet sous-évalué et dont les impacts multiples sont largement sous-estimés.

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Projet minier Matawinie : un nouveau rapport révèle des impacts sur l’eau de l’exploration pour un minerai «stratégique» dans Lanaudière

27 mai 2025

Saint-Michel-des-Saints, Montréal, le 27 mai 2025  –  Des groupes citoyens et écologistes publient aujourd’hui un important rapport sur les impacts des activités d’exploration minière de la compagnie Nouveau Monde Graphite (NMG) en Matawinie. À la suite d’une campagne indépendante d’échantillonnage citoyen, le rapport identifie de nombreux cas de concentrations en métaux lourds dans les cours d’eau qui dépassent des critères de protection de l’environnement, vraisemblablement attribuables aux activités d’exploration. Le rapport dénonce également des erreurs méthodologiques préoccupantes dans les évaluations environnementales réalisées par NGM. Les organismes demandent au gouvernement provincial de revoir radicalement l’encadrement de l’exploration minière au Québec.

UNE MOBILISATION CITOYENNE FACE AUX MINIÈRES

Préoccupés par les impacts de ces activités sur leur environnement et constatant l’absence totale du ministère de l’Environnement en termes de surveillance environnementale des activités d’exploration, des résidents de Saint-Michel-des-Saints, dont plusieurs sont sympathisants de la Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie (COPH), se sont mobilisés pour effectuer une importante campagne d’échantillonnage des cours d’eau bordant le site exploré par la minière. Ces données ont ensuite été traitées par un laboratoire accrédité.

Ces démarches et la rédaction du rapport publié aujourd’hui ont été soutenues par Eau Secours, la Société pour vaincre la pollution (SVP), la Coalition Québec Meilleure Mine (QMM) et MiningWatch Canada. 

DES CONCLUSIONS PRÉOCCUPANTES

Les conclusions du rapport soulèvent notamment deux enjeux préoccupants. Tout d’abord, les évaluations environnementales de NMG présentent des failles méthodologiques préoccupantes au niveau de la caractérisation initiale du milieu. Ce que la compagnie décrit comme un « état initial » des cours d’eau semble plutôt être un état évalué après que ces cours d’eau aient été détériorés par certaines des activités d’exploration de la minière. Ceci engendre donc des risques que l’encadrement environnemental qui en découle s’en trouve faussé.

De plus, des indices clairs pointent dans la direction d’apports en métaux lourds et en soufre dans les cours d’eau bordant le site minier. Les échantillons présentent notamment une concentration inquiétante en cadmium de 0,69 mg/kg dans les sédiments d’un cours d’eau situé juste à proximité des zones forées, alors qu’aucune concentration en cadmium n’a été détectée dans les sédiments de la station de référence. Les ministères de l’Environnement provincial et fédéral estiment pourtant que dès 0,60 mg/kg, des effets néfastes sur la vie aquatique sont attendus.

Face au manque de rigueur et aux risques de détérioration des cours d’eau, les groupes s’inquiètent de la capacité de NMG à développer un projet minier respectueux de l’environnement, d’autant que les impacts attendus lors de la phase d’exploitation d’une mine éventuelle seraient sans commune mesure avec ce qui a été réalisé jusqu’ici.

UN RESSERREMENT DE LA SURVEILLANCE ENVIRONNEMENTALE NÉCESSAIRE

S’appuyant sur les constats dressés dans le rapport, les groupes demandent à NMG de prendre acte des cas de détérioration des milieux hydriques identifiés et de mettre en place des mesures véritablement efficaces de contrôle de la pollution que génèrent ses activités. Il est également essentiel que la compagnie corrige ses erreurs méthodologiques identifiées dans le rapport.

À l’heure actuelle, les activités d’exploration échappent complètement aux processus d’évaluation environnementale et, sauf exception, aucune surveillance gouvernementale n’est prévue pour valider l’application de bonnes pratiques par les minières. Celles-ci bénéficient plutôt d’un régime d’auto-régulation qui leur est dangereusement favorable. Les organismes demandent donc au gouvernement provincial de revoir radicalement l’encadrement de l’exploration minière, en assujettissant tous travaux d’exploration minière à des consultations et des évaluations environnementales préalables.

Citations

« Il n’existe pratiquement rien qui documente les impacts observés de l’exploration minière sur les écosystèmes du Québec. Ce rapport est donc unique en son genre, puisqu’il contribue à créer de la littérature sur un sujet sous-évalué et dont les impacts multiples sont largement sous-estimés. » – Daniel Green, Société pour Vaincre la Pollution

« Il n’est pas normal que les citoyen·ne·s doivent prendre le rôle de chien de garde environnemental des minières. Cela témoigne de déficiences inquiétantes au niveau des capacités ou de la volonté du ministère de l’Environnement à jouer son rôle de gardien du territoire. » – Paul Comeau, Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie

« À l’ère où le gouvernement provincial met les gaz à fond dans son « virage vert », la mobilisation citoyenne et écologiste démontre une fois de plus les dérapages d’un projet minier de la « filière batterie ». Sommes-nous donc à nouveau devant un énième projet soutenu davantage par la foi aveugle de notre gouvernement que par des garanties réelles, notamment en matière de protection de l’eau et des milieux naturels ? » – Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers, Eau Secours

« Une chose est sûre : les minéraux critiques et stratégiques n’ont rien de vert. Au lieu de chercher à « alléger le fardeau administratif », le gouvernement devrait renforcer la surveillance des activités minières et sanctionner les contrevenants. Encore plus pour cette filière où des centaines de millions de dollars des contribuables sont en jeu. » – Rodrigue Turgeon, avocat, coresponsable du programme national de MiningWatch Canada et co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine

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Bref historique et éléments de contexte du projet

Nouveau Monde Graphite Inc. (NMG) projette l’exploitation d’un gisement de graphite à Saint-Michel-des-Saints dans la région de Lanaudière. L’exploitation du gisement devrait produire annuellement 100 000 tonnes de concentré de graphite, sur une durée de 26 ans.

De 2013 à 2019, NMG a mené de vastes campagnes d’exploration minière. La compagnie minière travaille à y développer ce qui pourrait devenir la plus grosse mine à ciel ouvert de graphite en Amérique du Nord. À ce stade, le projet n’est pas soumis à une évaluation environnementale du gouvernement. En 2020, alors que le projet est soumis aux évaluations du BAPE, Nouveau Monde Graphite réalise une étude d’impact comportant des erreurs méthodologiques préoccupantes. 

Le rapport a été envoyé ce matin à la compagnie, au ministère de l’environnement et aux principaux investisseurs du projet minier – Panasonic, General Motors et Investissement Québec. Une présentation du rapport a été donnée à la municipalité de Saint-Michel-des-Saints hier et une invitation a été lancée à la communauté Atikamekw de Manawan. 

Pour plus d’informations

Consultez le rapport complet en cliquant ici…

  • Émile Cloutier-Brassard, responsable des dossiers miniers, Eau Secours : emile@eausecours.org, 514-799-2383
  • Paul Comeau, Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie : 514-776-0034
  • Daniel Green, co-président, Société pour vaincre la pollution : svp.pollution@gmail.com, 514-245-4676
  • Rodrigue Turgeon, avocat, coresponsable du programme national de MiningWatch Canada et co-porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine : rodrigue@miningwatch.ca, 819-444-9226