2026-06-18 outil - annexe 2

Outil | Compilation des données sur la destruction des lacs et cours d’eau par l’industrie minière – Annexe 2 du REMMMD

Outil publié le 18 juin 2026

La loi canadienne permet actuellement aux minières de détruire des lacs et cours d’eau afin d’y déverser leurs résidus miniers. Le mécanisme réglementaire qui permet de contourner ainsi la Loi sur les pêches du Canada, dont l’objectif est de protéger l’habitat du poisson, est dissimulé dans le Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants(REMMMD) et son annexe 2. 

Pour en savoir plus sur ce règlement, l’annexe 2 et leur impact sur les plans d’eau, consultez notre page explicative ici…

Afin de jeter de la lumière sur la nébuleuse annexe 2, nous avons récolté un maximum d’informations au sujet de chacune des autorisations de l’annexe puis nous avons croisé ces données avec celles inscrites dans des décrets, évaluation d’impacts et autres documents liés aux projets miniers. Nous avons ainsi créé une base de données – un outil rassemblant toutes les informations récoltées au cours de nos recherches – et nous la rendons disponible au public. 

Nous espérons que ces données serviront à la recherche, à la sensibilisation, aux mobilisations citoyennes et aux évaluations et suivis environnementaux en tout genre. Cela dit, nous espérons évidemment surtout que le milieu politique prendra connaissance de ces informations et ajustera l’encadrement du secteur minier de façon à mettre fin à cette pratique, car nous avons actuellement l’impression que des décisions mal éclairées sont prises en matière de destruction des plans d’eau du pays.

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Destruction de lacs et cours d’eau par l’industrie minière | Comprendre les mécanismes qui la rendent possible

Selon la Loi sur les pêches du Canada, il est strictement interdit de détruire l’habitat du poisson, c’est-à-dire les lacs, rivières et autres plans d’eau où vivent et se reproduisent d’innombrables espèces aquatiques. Malgré cela, de nombreuses compagnies minières obtiennent des permissions spéciales leur permettant d’utiliser des plans d’eau pour y déverser leurs résidus miniers, détruisant ainsi de nombreux lacs et cours d’eau. Comment est-ce possible?!

Eau Secours a épluché de nombreux documents, décrets, évaluation d’impacts et plus encore et a croisé les informations avec le registre de l’annexe 2 afin de bien comprendre l’étendue de la destruction actuellement permise par le gouvernement. Envie d’en savoir plus? Plongez avec nous dans un nébuleux recoin de la loi canadienne. 

Qu’est-ce que le REMMMD et son annexe 2?

Le Règlement sur les effluents des mines de métaux et des mines de diamants (REMMMD) autorise le rejet d’effluent (les eaux usées) des mines de métaux et de diamants dans l’eau fréquentée par les poissons en vertu de la Loi sur les pêches. En gros, son rôle est de protéger les lacs et les rivières du Canada en fixant des limites strictes sur la qualité des rejets. Cependant, le règlement contient une sorte de brèche importante qui permet d’accorder des exceptions à certaines mines, les autorisant à contourner la protection de l’habitat du poisson. C’est ici que l’annexe 2 du règlement entre en scène.

Cette dernière est composée d’une liste de zones géographiques contenant des lacs, des rivières, des étangs et autres « habitats du poisson » auxquels on retire toute forme de protection. Dès qu’une zone est inscrite à l’annexe 2 du REMMMD, une minière peut légalement déverser ses déchets miniers dans ces milieux naturels autrement protégés par la Loi sur les pêches.

Que contient cette annexe?

Puisque les lacs et rivières du Canada sont d’une importance capitale pour la population, on pourrait croire que l’annexe 2 comprendrait une liste claire et précise des étendues d’eau touchées ainsi que l’ampleur de l’impact et l’avancement de leur destruction. La réalité est bien plus… opaque.

Dans sa forme actuelle, l’annexe 2 ne fournit pratiquement aucune information sur l’étendue de la destruction autorisée en vertu du REMMMD. À ce jour, l’annexe 2 comprend plutôt 92 articles, soit 92 zones que les minières peuvent allègrement détruire dans le cadre de l’exploitation de leur mine. Chacune de ces zones comprend souvent plusieurs lacs et rivières.

Combien de plans d’eau ont été détruits ? En quelle année exactement ? Quelle superficie avaient les plans d’eau avant d’être détruits ? Il s’agit là de questions auxquelles l’annexe 2 ne permet pas d’avoir de réponses précises. De plus, les informations incluses sont plutôt difficiles à déchiffrer. Pour nous, ce manque de transparence est inacceptable! Les lacs et rivières impactés appartiennent au patrimoine commun de la population canadienne. Celle-ci est donc dans le droit, au minimum, de connaître l’ampleur des impacts. 

Image – Un exemple d’une entrée dans l’annexe 2 du REMMMD

Un outil en libre service

Afin de jeter de la lumière sur la nébuleuse annexe 2, nous avons récolté un maximum d’informations au sujet de chacune des autorisations de l’annexe puis nous avons croisé ces données avec celles inscrites dans des décrets, évaluation d’impacts et autres documents liés aux projets miniers. Nous avons ainsi créé une base de données – un outil rassemblant toutes les informations récoltées au cours de nos recherches – et nous la rendons disponible au public.

Tableau – Nombre de milieux hydriques sacrifiés en vertu des 92 autorisations inscrites dans l’annexe 2 du REMMMD (en date de juin 2026) – selon les données récoltées dans l’outil

Nous espérons que ces données serviront à la recherche, à la sensibilisation, aux mobilisations citoyennes et aux évaluations et suivis environnementaux en tout genre. Cela dit, nous espérons évidemment surtout que le milieu politique prendra connaissance de ces informations et ajustera l’encadrement du secteur minier de façon à mettre fin à cette pratique, car nous avons actuellement l’impression que des décisions mal éclairées sont prises en matière de destruction des plans d’eau du pays.

Des milliers d’hectares de plans d’eau détruits! 

Cette compilation de données nous a permis de mettre en lumière l’ampleur de la destruction des lacs et cours d’eau du Québec et du Canada. Depuis 2002, année d’adoption du REMMMD, ce sont plus de 650 hectares, soit 6,6 km2, de lacs et autres milieux hydriques dont la destruction a été autorisée pour y déverser des résidus miniers au Québec. La province figure d’ailleurs au 3e rang des superficies totales de plans d’eau affectées par cette pratique au Canada. Pour l’ensemble du pays, la superficie totale affectée s’élève à plus de 4640 hectares, soit 46,5 km2.

Tableau: Superficie de lacs et cours d’eau impactés par des mines par province

C’est probablement pire que ça…

L’ampleur de la destruction que nous avons répertoriée ne serait qu’un aperçu des impacts réels puisque:

  • Le REMMMD n’encadre pas les mines de non-métaux comme celles de graphite par exemple. Donc, les impacts sur les plans d’eau de ces mines ne sont pas comptabilisés.
  • Les rejets dans des eaux où aucun poisson n’a été détecté ne sont pas plus considérés. À titre d’exemple, certaines portions de lacs plus froides et moins « productives » en poisson, dans les Territoires du Nord-Ouest ou au Nunavut, ne sont pas comptabilisées dans l’annexe 2, même lorsque des minières sont autorisées à détruire l’entièreté de ces lacs. Cette façon de scinder artificiellement un écosystème fait en sorte d’alléger l’encadrement et de limiter la compensation qui est ensuite exigée des compagnies minières.
  • Les autorisations inscrites à l’annexe 2 ne tiennent pas compte des infrastructures minières : fosse, concentrateur, routes, etc. Même les digues des parcs à résidus peuvent empiéter sur des plans d’eau sans que ces lacs soient inscrits à l’annexe 2, puisqu’il ne s’agit pas de déchets au sens strict du terme!
  • L’identification des plans d’eau semble comporter plusieurs erreurs: des plans d’eau de 18 à 40 hectares, d’une profondeur pouvant dépasser les 15 mètres, sont inscrits dans l’annexe à titre «d’étangs». De même, certaines rivières sont inscrites à titre de ruisseaux.
  • Dans de nombreux cas, la longueur des cours d’eau est calculée « à vol d’oiseau » : elle ne tient donc pas compte de la sinuosité des cours d’eau.
  • Les superficies détruites se limitent souvent aux superficies «restantes» à détruire dans le contexte précis de mines encore en exploitation après l’inscription de ces plans d’eau à l’annexe 2 du REMMMD. La taille initiale des lacs précédent l’exploitation n’est donc que rarement inscrite. En outre, ces superficies se limitent à ce qui doit être compensé : elles ne correspondent donc pas toujours à la taille totale des lacs et rivières. Un exemple parlant d’une telle situation est le lac Flora, que la mine Scully utilise comme dépotoir depuis 1965. D’après nos recherches, le lac couvrait initialement plus de 632 hectares. Pourtant, lorsqu’il a été ajouté à l’annexe 2 du règlement en 2009 par le gouvernement fédéral, il a été inscrit à titre de lac couvrant seulement 34 hectares.

Photo – Rivière Keriens, qu’une minière a tenté de qualifier de ruisseau dans sa demande de destruction (crédit photo : Collectif du Pas du lieu)

  • Aucun suivi n’est fait quant au développement des projets : l’annexe 2 ne précise donc pas si les plans d’eau ont effectivement été détruits ou non, ce qui en fait un bien piètre outil de suivi d’une destruction qui nous affecte pourtant toutes et tous, de façon directe ou indirecte.
Cette liste noire n’est donc vraiment que la pointe de l’iceberg de la destruction des milieux hydriques par l’industrie minière au pays…

Une industrie de production de déchets, avant tout

Pourquoi cet engouement des minières pour déverser leurs résidus dans nos lacs et cours d’eau? D’abord, la méthode traditionnelle, qui implique la construction de digues de rétention, est plus coûteuse que l’utilisation d’un lac, qui est essentiellement « gratuit » pour l’entreprise. Ensuite, les mines, surtout celles à ciel ouvert, sont de plus en plus grosses et génèrent donc de plus en plus de déchets.

Enfin, il est important de rappeler qu’un projet minier est avant tout un projet de gestion de déchets – compte tenu des très faibles concentrations de minéraux dans la roche qui les contient. Par exemple, pour obtenir 1 tonne de fer, un projet minier produira de 3 à 10 tonnes de déchets miniers. Pour une mine de graphite c’est plutôt de l’ordre de 1 pour 30. Mais ce sont les mines d’or qui prennent la palme du plus faible ratio: 1 gramme d’or pour 1 tonne de résidus, c’est-à-dire un ratio de 1 pour 1 million! Au Québec, environ 2 mines sur 3 sont des mines d’or actuellement. 

Tableau – Quantité de déchets miniers générés par l’extraction à ciel ouvert d’une tonne de substance exploitée

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2026-06-17 Communiqué - lacs morts - annexe 2

Plus de 650 hectares de plans d’eau québécois sacrifiés pour y déverser des résidus miniers – la population n’en veut plus

18 juin 2026

Montréal, le 18 juin 2026 – Alors qu’un récent sondage réaffirme que la grande majorité de la population québécoise s’oppose à la destruction de lacs et cours d’eau pour y déverser des résidus miniers, Eau Secours publie une compilation inédite de toutes les exemptions réglementaires accordées aux projets miniers leur permettant d’employer cette pratique controversée. L’organisme craint que cette méthode, qui devait être une exception de dernier recours à l’origine, soit maintenant le mode opératoire par défaut de l’industrie minière. Des projets miniers en cours d’évaluation au Québec, dont la mine de fer du Mont Sorcier près de Chibougamau, sont planifiés en intégrant la destruction de dizaines de plans d’eau pour y déverser leurs résidus tout comme cela a été fait dans le projet Bloom à Fermont. Eau Secours demande au prochain gouvernement du Québec de prendre acte de cette destruction insensée et de s’engager à y mettre fin dès le début de son mandat. 

Une pratique très impopulaire

Le sondage, commandé par Équiterre dans le cadre de la campagne Vire au vert, révèle que 82% de la population souhaite que le prochain gouvernement du Québec priorise une mesure interdisant l’utilisation des lacs pour rejeter les dépôts miniers. Ce sondage s’ajoute à celui effectué en 2022, au compte de la Coalition Québec meilleure mine, qui démontrait que 89% des Québécois étaient favorables à « interdire le rejet de déchets miniers dans tout lac, rivière ou milieu écologique sensible ». Pour Eau Secours, il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement du Québec tolère cette pratique alors que des alternatives éprouvées existent comme le remblaiement des fosses.  

« Compte tenu du manque total d’acceptabilité sociale de cette pratique et de l’existence d’alternatives préférables, il faut croire que les pressions de l’industrie, qui cherche à se simplifier la vie et maximiser ses profits, fonctionnent auprès gouvernement », estime Émile Cloutier-Brassard, analyste des projets miniers chez Eau Secours. 

6,6 km2 de plans d’eau transformés en poubelle pour résidus miniers au Québec

Le gouvernement canadien fournit très peu d’informations dans l’Annexe 2 du Règlement sur les effluents des mines de métaux et mines de diamants (REMMMD), que l’organisme qualifie volontiers de « liste noire » des lacs et rivières sacrifiés. Eau Secours a donc épluché les décrets, études d’impacts, analyse des scénarios alternatifs et autres documents portant sur chacune des autorisations listées dans ce règlement afférent à la Loi sur les pêches. L’organisme a ainsi produit et rend aujourd’hui disponible une base de données permettant de mieux comprendre l’ampleur de la destruction des plans d’eau causée par le déversement de déchets miniers au Canada.

C’est ainsi qu’Eau Secours a pu déterminer que, depuis 2002, année d’adoption du REMMMD, ce sont plus de 650 hectares, soit 6,6 km2, de lacs et autres milieux hydriques dont la destruction a été autorisée pour y déverser des résidus miniers au Québec. La province figure d’ailleurs au 3e rang des superficies totales de plans d’eau affectées par cette pratique au Canada. Pour l’ensemble du pays, la superficie totale affectée s’élève à plus de 4640 hectares, soit 46,5 km2.

Tableau 1 : Superficie de lacs et cours d’eau impactés par des mines par province

« Les impacts répertoriés dans notre analyse ne pourraient représenter que la pointe de l’iceberg en termes de dévastation des plans d’eau par l’industrie minière puisque les données disponibles sont très fragmentées. Si les gouvernements n’imposent qu’un encadrement minimal, puis n’effectuent pas de suivis de l’avancement des projets sur le terrain, ils faillissent à leur rôle d’assurer la protection des cours d’eau, » croit M. Cloutier-Brassard. 

L’organisme rappelle qu’en plus des données très incomplètes fournies par l’Annexe 2, le REMMMD ne s’applique pas aux mines de non-métaux et ne tient pas compte des lacs et rivières détruits par la construction des complexes miniers (fosses, usines, routes, etc.) dans leur ensemble. 

Une industrie de production de déchets, avant tout

Pourquoi cet engouement des minières pour déverser leurs résidus dans nos lacs et cours d’eau? D’abord, la méthode traditionnelle, qui implique la construction de digues de rétention, est plus coûteuse que l’utilisation d’un lac, qui est essentiellement « gratuit » pour l’entreprise. Ensuite, les mines, surtout celles à ciel ouvert, sont de plus en plus grosses. Enfin, il est important de rappeler qu’un projet minier est avant tout une entreprise de gestion de déchets – compte tenu du très faible ratio de minerai disponible dans le sol. Par exemple, pour obtenir 1 tonne de fer, un projet minier produira de 3 à 10 tonnes de déchets miniers. Pour une mine de graphite c’est plutôt de l’ordre de 1 pour 30. Mais ce sont les mines d’or qui prennent la palme du plus faible ratio: 1 gramme d’or pour 1 tonne de résidus, c’est-à-dire un ratio de 1 pour 1 million! Au Québec, environ 2 mines sur 3 sont des mines d’or actuellement.

Tableau 2 : Quantité de déchets miniers générés par l’extraction à ciel ouvert d’une tonne de substance exploitée

Source: Impacts des projets miniers sur l’eau – Guide de vulgarisation technique et législatif en vue de soutenir l’action citoyenne, Eau Secours, p.13

Un changement exigé avant qu’il ne soit trop tard

Selon une analyse de la description initiale de la mine Mont Sorcier de l’entreprise Voyager Metals Inc, dans la région de Chibougamau, plusieurs plans d’eau pourraient être ajoutés à l’Annexe 2 pour y déverser les résidus miniers du projet – un exemple parmi plusieurs autres. Cette compagnie envisageait initialement de détruire 24 plans d’eau et 90 cours d’eau pour la construction de sa future mine, ce qui inclut une destruction prévue pour le déversement de ses déchets miniers.

Eau Secours craint que cette pratique devienne la méthode préconisée par les promoteurs miniers afin de faciliter la gestion de leurs résidus miniers si aucune action n’est entreprise par nos gouvernements. Malgré que l’autorisation finale de détruire des plans d’eau revienne au gouvernement fédéral, l’organisme croit que c’est à Québec d’agir afin de bloquer les projets miniers qui souhaitent se débarrasser facilement de leurs déchets dans les lacs et cours d’eau de la province. 

« Voilà une belle occasion pour le prochain gouvernement qui siègera à Québec de démontrer son engagement à respecter les souhaits de sa population. Le message envoyé est clair, ici on tient aux lacs – à notre patrimoine Bleu. Si vous voulez exploiter une mine au Québec, vous devrez trouver des solutions respectueuses de notre eau », conclut M. Cloutier-Brassard. 

– 30 –

Annexe

Fiche technique offrant plus d’informations sur la base de données et l’annexe 2 du REMMMD (PDF)

Contact médias

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514-588-5608
communications@eausecours.org

2026-06-10 Mémoire - consultation infrastructures QC

Mémoire | États généraux sur le coût et le financement des infrastructures municipales – Consultation Québec

Mémoire déposé le 10 juin 2026

En juin 2026 le gouvernement du Québec lance une consultation publique afin d’« entendre la population, les élus et les administrateurs municipaux, ainsi que les intervenants du secteur de la construction pour nourrir la réflexion sur les défis entourant le coût et le financement des infrastructures, particulièrement des infrastructures d’eau.»

Extrait du mémoire

«…nous tenons à dénoncer le sondage citoyen retrouvé sur la page Web de la consultation en raison de son fort biais favorable à la tarification volumétrique avec des compteurs d’eau pour le secteur résidentiel. Nous estimons répréhensible de questionner le grand public sur l’état général des infrastructures publiques et d’enchainer immédiatement sur le compteur d’eau. Cet enchainement suggère de manière insidieuse un lien « problème – solution » entre les quatre premières questions. Plus encore, pourquoi feindre de questionner les citoyens sur leur compréhension du rôle du compteur d’eau si la question suggestive suivante y répond? Le sondage semble être composé de questions orientées qui proposent le compteur d’eau, un outil parmi d’autres dans l’éventail de solutions à la surconsommation d’eau, comme la panacée face au déficit d’investissement dans les infrastructures publiques. Il est irresponsable de suggérer des solutions inadéquates alors que le processus de consultation n’en est qu’à sa première étape.»

«L’installation de compteurs d’eau dans plus de 10% des immeubles résidentiels et à des fins de facturation, contrairement à ce que prescrit la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable (SQEEP) 2019-2025, représente assurément des dépenses additionnelles pour une municipalité plutôt qu’une source de financement. Effectivement, installer des compteurs d’eau signifie des dépenses d’achat, des frais d’installation, des frais d’entretien et de remplacement, la mise sur pied d’un service administratif, d’un service de facturation ainsi qu’une gestion des factures impayées, voire l’application de mesures disciplinaires. Face à ces dépenses, il semble étonnant qu’une municipalité puisse malgré tout lever des fonds pour des projets aussi couteux que l’entretien d’infrastructures en eau.»

Avec la tarification volumétrique, «la réduction de consommation d’eau plafonne puisque les gains de réduction dans les logements sont plutôt limités. En effet, mis à part les comportements excessifs tels que l’arrosage des pelouses, des entrées ou des véhicules qui peuvent être modifiés, la majorité des gains d’économie d’eau potable résident dans le remplacement des robinets, des chasses d’eau et autres appareils ménagers gourmands en eau. Une fois ces appareils remplacés pour des versions plus sobres et une fois les fuites d’eau identifiées et réparées, la consommation en eau potable dans le secteur résidentiel peut difficilement être réduite en deçà d’un certain seuil minimal.  En fin de compte, « l’eau est un bien dont la demande est inélastique » et il est possible de se questionner sur l’efficacité réelle d’une incitation à réduire la consommation par le prix.»

Autres ressources et actualités
2026-06-09_Canadian civil society is clear

« Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs » : plus d’une centaine d’organisations à travers le pays et plusieurs députés dénoncent les projets de pipelines sur la côte Ouest

9 juin 2026

Territoires non cédés de la Nation algonquine Anishinaabe [OTTAWA], 9 juin 2026 :

Manifestant une solidarité nationale et transpartisane aujourd’hui sur la Colline du Parlement, des experts de la société civile, soutenus par plus de 120 organisations d’un océan à l’autre, ainsi que des députés de trois partis, ont dénoncé les projets irresponsables du gouvernement fédéral visant à soutenir la construction d’un nouvel oléoduc reliant l’Alberta à la côte Ouest.

Lors de la conférence de presse d’aujourd’hui, des experts en droit, en santé et en environnement ont mis de l’avant les risques posés par un nouveau pipeline, à l’approche de la date limite du 1er juillet fixée par l’Alberta pour soumettre un projet pipeline au Bureau des grands projets pour une évaluation accélérée.

Patrick Bonin, député du Bloc québécois, Leah Gazan, députée du NPD, et Elizabeth May, cheffe du Parti vert, se sont également prononcés contre les projets de pipeline.

Plus de 120 organisations de la société civile ont signé une lettre ouverte exprimant leur solidarité contre la construction de nouveaux pipelines d’énergies fossiles vers la côte Ouest ou n’importe où ailleurs au Canada.

Alors que les marchés asiatiques accélèrent leur transition vers une sortie du pétrole, un nouveau pipeline pétrolier nécessiterait vraisemblablement d’importantes subventions publiques pour pouvoir être viable. Dans un récent sondage de Liaison Stratégies réalisé dans des circonscriptions clés de Colombie-Britannique et du Québec, 68 % des personnes interrogées se sont opposées au financement fédéral d’un nouveau pipeline, et six sur dix ont indiqué qu’elles seraient moins enclines à voter pour un ou une député•e soutenant des subventions aux énergies fossiles.

La conférence de presse d’aujourd’hui intervient après plus d’un an de recul en matière d’environnement. Tout récemment, le gouvernement fédéral a proposé des modifications réglementaires qui démantèleraient les garde-fous environnementaux du Canada, permettant d’accélérer encore davantage la construction de nouveaux pipelines sans évaluations d’impact, et n’a laissé que quelques semaines pour consulter le public. Suite à un élan de protestations général, le gouvernement a annoncé jeudi dernier que la période de consultation serait prolongée jusqu’à la fin juillet.

Aujourd’hui, à la Colline du Parlement, Emilia Belliveau, responsable du programme de transition énergétique chez Environmental Defence, a déclaré :

« Il n’y a pas de « bon » tracé pour le projet d’oléoduc en Alberta. Un nouveau pipeline transportant un million de barils de pétrole par jour, ainsi que l’extraction nécessaire pour le remplir, éloignera encore plus le Canada de ses objectifs climatiques et en matière de protection de la nature. Ne pas atteindre ces objectifs, ce n’est pas une perte abstraite. Ça aura des conséquences dévastatrices pour les écosystèmes dont on dépend, et ça risque de causer de réels dommages aux lieux, à la nature, aux gens et aux communautés qu’on aime. »

Anne-Céline Guyon, analyste climat-énergie chez Nature Québec, a déclaré : 

« Que ce soit par un pipeline de sables bitumineux vers l’ouest ou de gaz vers l’Est, tous les projets visant l’expansion de la production des énergies fossiles font fausse route. Aucun projet ne peut servir l’intérêt du Canada s’il détruit ce qui fait son identité :  un attachement profond à la nature. »  

Anna Johnston, avocate chez West Coast Environmental Law, a déclaré :

« Les pipelines posent des risques majeurs pour le climat, les cours d’eau et les espèces auxquelles les Canadiens sont attachés et dont ils dépendent. Les lois environnementales ne sont pas une simple formalité administrative : elles forment un filet de sécurité. Le gouvernement Carney propose de démanteler complètement ce filet de sécurité. Nous demandons au gouvernement de retourner à la table à dessin et de veiller à ce que les Canadiens disposent des garanties juridiques nécessaires pour avoir l’assurance que les grands projets leur soient vraiment profitables. »

Robb Barnes, directeur du programme Climat de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, a déclaré : 

« Qu’il s’agisse d’un nouveau gazoduc vers la côte ouest ou de nouveaux projets de GNL au Québec, le gouvernement Carney semble revenir à la philosophie du « drill, baby, drill » qui caractérisait l’ère Harper. L’Association canadienne des médecins pour l’environnement demande au gouvernement Carney de placer la santé et la sécurité de la population canadienne en tête de ses priorités. C’est de la santé de nos finances publiques dont il est aussi question. Arrêtons les projets pétrogaziers! »

Les intervenant•es et les sympathisant•es de 12 organisations se sont ensuite rassemblés sur la Colline du Parlement pour une séance photo, brandissant des bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs. »

Les photos des événements d’aujourd’hui sont disponibles dans ce dossier.

L’enregistrement de la conférence de presse peut être visionné ici.

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Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d’organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de près de 200 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

2026-06-02 Communiqué Sondage - Vire au vert-1

Sondage : les Québécois(es) veulent des solutions environnementales qui protègent leur qualité de vie

2 juin 2026

Québec, 2 juin 2026  À quelques mois de la campagne électorale québécoise, un nouveau sondage commandé par Équiterre est sans équivoque : les citoyen(ne)s réclament des engagements concrets pour protéger ce qui est essentiel à leur qualité de vie — l’air pur, l’eau potable, la sécurité alimentaire et une meilleure mobilité. 

Protéger l’eau potable et la qualité de l’air

L’accès à l’air pur et à l’eau potable constitue le fondement même de la santé publique. Or, face à des épisodes de sécheresse, de canicule et de feux de forêt de plus en plus fréquents, les gouvernements tardent à agir à la hauteur des enjeux.

La gestion durable et équitable de l’eau potable n’est plus une option : c’est une nécessité. En l’absence de politiques publiques claires, les pénuries d’eau dans certaines régions du Québec risquent de s’amplifier, ce qui va alimenter les conflits d’usage, notamment au niveau agricole et municipal.

La qualité de l’air et les enjeux de santé reliés à la pollution sont également cruciaux parce que l’air est tout aussi vital. Que leur cause relève de l’aménagement du territoire et des axes routiers – près desquels trop de populations vulnérables sont logées – ou de l’activité industrielle, les problèmes de santé reliés à la qualité de l’air doivent cesser d’être traités comme des enjeux collatéraux.

Quelques chiffres

  • 82 % des répondant(e)s veulent que le gouvernement développe une stratégie industrielle qui ne mette pas à risque la santé de la population.
  • 76 % des répondant(e)s aimeraient qu’on priorise des aménagements qui permettent de récolter les eaux pluviales afin de se prémunir des sécheresses.
  • 67 % des répondant(e)s réclament une stratégie nationale de l’air pour agir sur les problèmes de santé associés à une mauvaise qualité de l’air.

Augmenter l’autonomie et la sécurité alimentaire

Plus de 70 % des répondant(e)s considèrent que chacune des quatre mesures proposées en matière d’autonomie alimentaire devrait être prioritaire pour le prochain gouvernement. Il s’agit d’un signal clair des attentes élevées de la population québécoise sur cet enjeu permettant de renforcer l’autonomie et la résilience du Québec.

Les formations politiques sont ainsi appelées à s’engager concrètement pour protéger la santé des sols, promouvoir une agriculture diversifiée et valoriser les produits locaux.

Quelques chiffres

  • 78 % des répondant(e)s veulent que davantage de producteurs locaux fournissent les institutions (écoles, hôpitaux, etc.) et les détaillants (épiceries).
  • 78 % des répondant(e)s réclament que la santé des sols agricoles soit préservée en réduisant l’utilisation de pesticides et engrais non essentiels.
  • 74 % des répondant(e)s souhaitent que les terres agricoles soient protégées en limitant les usages non agricoles et non essentiels.

Améliorer le service de transport collectif

Pour réduire la congestion automobile, les Québécois(es) s’attendent à ce que le prochain gouvernement investisse dans les alternatives à la voiture. Un réseau de transport collectif et actif structurant, efficace et accessible est en effet la clé d’un changement durable dans nos habitudes de déplacement. 

Pour y arriver, les formations politiques devront non seulement prendre soin des infrastructures existantes, mais aussi intégrer ces solutions à l’aménagement du territoire.

Quelques chiffres

  • 78 % des répondant(e)s aimeraient que le service et la fréquence des réseaux de transport en commun soient améliorés.
  • 75 % des répondant(e)s souhaitent que les nouveaux logements construits dans les villes et banlieues soient desservis par un réseau de transport collectif et actif.

Citation

« Ce sondage révèle que les Québécois(es) adhèrent massivement aux pistes de solutions proposées par la coalition Vire au Vert pour s’attaquer aux enjeux environnementaux d’importance. C’est un plan de match concret qui peut être facilement déployé par les formations politiques qui feront campagne lors des prochaines élections », affirment les membres de la coalition Vire au Vert.

À propos de Vire au vert

Vire au vert (vireauvert.org) est une coalition regroupant une vingtaine d’organisations environnementales et de la société civile québécoise. Elle œuvre à promouvoir des politiques publiques durables, à sensibiliser la population aux enjeux environnementaux et à renforcer le dialogue entre la société civile et les décideurs politiques.