2026-10-09 reaction rapport eau douce

Réaction – Publication du Rapport comité permanent environnement et développement durable

9 octobre 2026

En mai dernier, le Comité permanent de l’environnement et du développement durable publiait son rapport Préserver l’eau douce du Canada pour aujourd’hui et pour l’avenir [1]. Ce rapport s’appuie sur près de 180 rencontres auprès d’experts en gestion de l’eau douce à travers le pays à l’hiver 2024, rencontres dans le cadre desquelles Eau Secours a pu présenter sa lecture des enjeux et ses recommandations au Comité. Nous sommes très heureux de notre participation à cette réflexion pancanadienne et sommes particulièrement fiers de retrouver deux de nos recommandations parmi les 88 recommandations émises par le Comité.

Effectivement, la troisième recommandation propose que le gouvernement du Canada crée une table ronde intergouvernementale sur l’eau qui permettrait une meilleure collaboration et responsabilisation des enjeux d’eau qui se trouvent parfois à la jonction des compétences. Cette recommandation rejoint une grande lacune en gestion de l’eau canadienne présentée par Eau Secours, qui est celle d’une gouvernance trop divisée entre les paliers de gouvernements selon les compétences de chacun.

La 54e recommandation du rapport du Comité tient également compte des préoccupations d’Eau Secours concernant le manque de leadership fédéral. En effet, sans une direction forte pour favoriser le partage et la collaboration entre les paliers de compétences, la gestion de l’eau demeure fortement fragmentée et encourage une déresponsabilisation mutuelle des autorités provinciales et fédérales. Dans ses recommandations, le comité propose que l’Agence canadienne de l’eau, une nouvelle instance dans le paysage de l’eau au Canada, établisse des normes pour la collecte, l’évaluation et la diffusion de données de bonne qualité sur l’eau, de connaissances (incluant les savoirs autochtones) ainsi que des outils communautaires de surveillance et de gestion. 

La gestion et la protection de l’eau au Canada s’améliore lorsque des comités transpartisans invitent et écoutent les experts du domaine. Nous saluons le travail de rigueur du Comité permanent et demeurerons présents afin de transmettre aux décideurs nos lectures et nos recommandations pour une gestion harmonieuse et transparente de l’eau Canada.

[1] Pour lire le rapport complet : https://www.noscommunes.ca/documentviewer/fr/45-1/ENVI/rapport-5/page-21

20261007 -reaction pesticides

Traces de pesticides dans l’eau potable?! Pas de panique, réduisons à la source!

7 octobre 2026

La semaine dernière, nous apprenions que des résidus d’un pesticide étaient présents dans l’eau potable de plusieurs municipalités du Québec, une contamination qui dépasserait les normes européennes[1]. 

Cette récente analyse soulève des questions relatives aux normes canadiennes et à la place du principe de précaution dans notre approche à la santé environnementale, mais elle suscite également des questions sur les responsabilités de nos institutions. La responsabilité de produire l’eau potable et de l’acheminer aux citoyens revient aux municipalités. Cependant, celles-ci n’ont aucun contrôle sur la qualité de l’eau en amont de leur prise d’eau municipale.

Au Québec, les sources d’eau potable, comme l’ensemble des plans d’eau, sont vulnérables à la contamination par les industries et les activités agricoles. Effectivement, le ruissellement de l’eau sur des sols contaminés facilite le transport des pesticides utilisés en agriculture vers les milieux hydriques où s’approvisionnent en eau potable nos municipalités. Dans un contexte de déficit d’investissement pour l’entretien des infrastructures municipales, il serait nettement plus efficace de prévenir à la source en réduisant le lessivage de ces contaminants vers nos cours d’eau au lieu d’exiger de nos municipalités qu’elles s’arment de nouvelles technologies pour suivre l’émergence des contaminants? 

Ce qui mérite d’être clarifié est que l’eau embouteillée n’est pas une meilleure option à la présence de contaminants toxiques. Hélas oui, les bouteilles de plastiques à usage unique contiennent notamment des concentrations alarmantes de fragments de plastiques (nanoplastiques)[2], [3].

Donc, que faire? Eau Secours s’engage à solliciter le nouveau gouvernement en place à l’assemblée nationale afin qu’il : 

  • réinstaure un programmes de surveillance d’eau de surface complet [4], 
  • mette en place des normes réglementaires de contaminants présents dans les eaux de surfaces afin que des actions soient imposées dans les bassins versant les plus problématiques
  • donne les ressources nécessaires au ministère de l’Environnement pour déployer un suivi rigoureux des rejets agricoles et industriels dans nos eaux de surface. 

En priorisant une réduction à la source, il est possible de soutenir les municipalités dans leur responsabilité de produire une eau potable de qualité tout en améliorant l’état de l’eau dans l’environnement – un résultat positif pour la santé environnementale et humaine!

Sources

  1. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2287329/contamination–metolachlore-glyphosate-roundup-toxique
  2. https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-09-10/etude/les-bouteilles-d-eau-source-importante-de-nanoplastiques.php
  3. https://eausecours.org/enjeux/microplastiques/
  4. https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/surveill-eau-suivi-qualite-eau-potable-72334