2026-06-17 Communiqué - lacs morts - annexe 2

Plus de 650 hectares de plans d’eau québécois sacrifiés pour y déverser des résidus miniers – la population n’en veut plus

18 juin 2026

Montréal, le 18 juin 2026 – Alors qu’un récent sondage réaffirme que la grande majorité de la population québécoise s’oppose à la destruction de lacs et cours d’eau pour y déverser des résidus miniers, Eau Secours publie une compilation inédite de toutes les exemptions réglementaires accordées aux projets miniers leur permettant d’employer cette pratique controversée. L’organisme craint que cette méthode, qui devait être une exception de dernier recours à l’origine, soit maintenant le mode opératoire par défaut de l’industrie minière. Des projets miniers en cours d’évaluation au Québec, dont la mine de fer du Mont Sorcier près de Chibougamau, sont planifiés en intégrant la destruction de dizaines de plans d’eau pour y déverser leurs résidus tout comme cela a été fait dans le projet Bloom à Fermont. Eau Secours demande au prochain gouvernement du Québec de prendre acte de cette destruction insensée et de s’engager à y mettre fin dès le début de son mandat. 

Une pratique très impopulaire

Le sondage, commandé par Équiterre dans le cadre de la campagne Vire au vert, révèle que 82% de la population souhaite que le prochain gouvernement du Québec priorise une mesure interdisant l’utilisation des lacs pour rejeter les dépôts miniers. Ce sondage s’ajoute à celui effectué en 2022, au compte de la Coalition Québec meilleure mine, qui démontrait que 89% des Québécois étaient favorables à « interdire le rejet de déchets miniers dans tout lac, rivière ou milieu écologique sensible ». Pour Eau Secours, il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement du Québec tolère cette pratique alors que des alternatives éprouvées existent comme le remblaiement des fosses.  

« Compte tenu du manque total d’acceptabilité sociale de cette pratique et de l’existence d’alternatives préférables, il faut croire que les pressions de l’industrie, qui cherche à se simplifier la vie et maximiser ses profits, fonctionnent auprès gouvernement », estime Émile Cloutier-Brassard, analyste des projets miniers chez Eau Secours. 

6,6 km2 de plans d’eau transformés en poubelle pour résidus miniers au Québec

Le gouvernement canadien fournit très peu d’informations dans l’Annexe 2 du Règlement sur les effluents des mines de métaux et mines de diamants (REMMMD), que l’organisme qualifie volontiers de « liste noire » des lacs et rivières sacrifiés. Eau Secours a donc épluché les décrets, études d’impacts, analyse des scénarios alternatifs et autres documents portant sur chacune des autorisations listées dans ce règlement afférent à la Loi sur les pêches. L’organisme a ainsi produit et rend aujourd’hui disponible une base de données permettant de mieux comprendre l’ampleur de la destruction des plans d’eau causée par le déversement de déchets miniers au Canada.

C’est ainsi qu’Eau Secours a pu déterminer que, depuis 2002, année d’adoption du REMMMD, ce sont plus de 650 hectares, soit 6,6 km2, de lacs et autres milieux hydriques dont la destruction a été autorisée pour y déverser des résidus miniers au Québec. La province figure d’ailleurs au 3e rang des superficies totales de plans d’eau affectées par cette pratique au Canada. Pour l’ensemble du pays, la superficie totale affectée s’élève à plus de 4640 hectares, soit 46,5 km2.

Tableau 1 : Superficie de lacs et cours d’eau impactés par des mines par province

« Les impacts répertoriés dans notre analyse ne pourraient représenter que la pointe de l’iceberg en termes de dévastation des plans d’eau par l’industrie minière puisque les données disponibles sont très fragmentées. Si les gouvernements n’imposent qu’un encadrement minimal, puis n’effectuent pas de suivis de l’avancement des projets sur le terrain, ils faillissent à leur rôle d’assurer la protection des cours d’eau, » croit M. Cloutier-Brassard. 

L’organisme rappelle qu’en plus des données très incomplètes fournies par l’Annexe 2, le REMMMD ne s’applique pas aux mines de non-métaux et ne tient pas compte des lacs et rivières détruits par la construction des complexes miniers (fosses, usines, routes, etc.) dans leur ensemble. 

Une industrie de production de déchets, avant tout

Pourquoi cet engouement des minières pour déverser leurs résidus dans nos lacs et cours d’eau? D’abord, la méthode traditionnelle, qui implique la construction de digues de rétention, est plus coûteuse que l’utilisation d’un lac, qui est essentiellement « gratuit » pour l’entreprise. Ensuite, les mines, surtout celles à ciel ouvert, sont de plus en plus grosses. Enfin, il est important de rappeler qu’un projet minier est avant tout une entreprise de gestion de déchets – compte tenu du très faible ratio de minerai disponible dans le sol. Par exemple, pour obtenir 1 tonne de fer, un projet minier produira de 3 à 10 tonnes de déchets miniers. Pour une mine de graphite c’est plutôt de l’ordre de 1 pour 30. Mais ce sont les mines d’or qui prennent la palme du plus faible ratio: 1 gramme d’or pour 1 tonne de résidus, c’est-à-dire un ratio de 1 pour 1 million! Au Québec, environ 2 mines sur 3 sont des mines d’or actuellement.

Tableau 2 : Quantité de déchets miniers générés par l’extraction à ciel ouvert d’une tonne de substance exploitée

Source: Impacts des projets miniers sur l’eau – Guide de vulgarisation technique et législatif en vue de soutenir l’action citoyenne, Eau Secours, p.13

Un changement exigé avant qu’il ne soit trop tard

Selon une analyse de la description initiale de la mine Mont Sorcier de l’entreprise Voyager Metals Inc, dans la région de Chibougamau, plusieurs plans d’eau pourraient être ajoutés à l’Annexe 2 pour y déverser les résidus miniers du projet – un exemple parmi plusieurs autres. Cette compagnie envisageait initialement de détruire 24 plans d’eau et 90 cours d’eau pour la construction de sa future mine, ce qui inclut une destruction prévue pour le déversement de ses déchets miniers.

Eau Secours craint que cette pratique devienne la méthode préconisée par les promoteurs miniers afin de faciliter la gestion de leurs résidus miniers si aucune action n’est entreprise par nos gouvernements. Malgré que l’autorisation finale de détruire des plans d’eau revienne au gouvernement fédéral, l’organisme croit que c’est à Québec d’agir afin de bloquer les projets miniers qui souhaitent se débarrasser facilement de leurs déchets dans les lacs et cours d’eau de la province. 

« Voilà une belle occasion pour le prochain gouvernement qui siègera à Québec de démontrer son engagement à respecter les souhaits de sa population. Le message envoyé est clair, ici on tient aux lacs – à notre patrimoine Bleu. Si vous voulez exploiter une mine au Québec, vous devrez trouver des solutions respectueuses de notre eau », conclut M. Cloutier-Brassard. 

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Annexe

Fiche technique offrant plus d’informations sur la base de données et l’annexe 2 du REMMMD (PDF)

Contact médias

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514-588-5608
communications@eausecours.org

2026-06-09_Canadian civil society is clear

« Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs » : plus d’une centaine d’organisations à travers le pays et plusieurs députés dénoncent les projets de pipelines sur la côte Ouest

9 juin 2026

Territoires non cédés de la Nation algonquine Anishinaabe [OTTAWA], 9 juin 2026 :

Manifestant une solidarité nationale et transpartisane aujourd’hui sur la Colline du Parlement, des experts de la société civile, soutenus par plus de 120 organisations d’un océan à l’autre, ainsi que des députés de trois partis, ont dénoncé les projets irresponsables du gouvernement fédéral visant à soutenir la construction d’un nouvel oléoduc reliant l’Alberta à la côte Ouest.

Lors de la conférence de presse d’aujourd’hui, des experts en droit, en santé et en environnement ont mis de l’avant les risques posés par un nouveau pipeline, à l’approche de la date limite du 1er juillet fixée par l’Alberta pour soumettre un projet pipeline au Bureau des grands projets pour une évaluation accélérée.

Patrick Bonin, député du Bloc québécois, Leah Gazan, députée du NPD, et Elizabeth May, cheffe du Parti vert, se sont également prononcés contre les projets de pipeline.

Plus de 120 organisations de la société civile ont signé une lettre ouverte exprimant leur solidarité contre la construction de nouveaux pipelines d’énergies fossiles vers la côte Ouest ou n’importe où ailleurs au Canada.

Alors que les marchés asiatiques accélèrent leur transition vers une sortie du pétrole, un nouveau pipeline pétrolier nécessiterait vraisemblablement d’importantes subventions publiques pour pouvoir être viable. Dans un récent sondage de Liaison Stratégies réalisé dans des circonscriptions clés de Colombie-Britannique et du Québec, 68 % des personnes interrogées se sont opposées au financement fédéral d’un nouveau pipeline, et six sur dix ont indiqué qu’elles seraient moins enclines à voter pour un ou une député•e soutenant des subventions aux énergies fossiles.

La conférence de presse d’aujourd’hui intervient après plus d’un an de recul en matière d’environnement. Tout récemment, le gouvernement fédéral a proposé des modifications réglementaires qui démantèleraient les garde-fous environnementaux du Canada, permettant d’accélérer encore davantage la construction de nouveaux pipelines sans évaluations d’impact, et n’a laissé que quelques semaines pour consulter le public. Suite à un élan de protestations général, le gouvernement a annoncé jeudi dernier que la période de consultation serait prolongée jusqu’à la fin juillet.

Aujourd’hui, à la Colline du Parlement, Emilia Belliveau, responsable du programme de transition énergétique chez Environmental Defence, a déclaré :

« Il n’y a pas de « bon » tracé pour le projet d’oléoduc en Alberta. Un nouveau pipeline transportant un million de barils de pétrole par jour, ainsi que l’extraction nécessaire pour le remplir, éloignera encore plus le Canada de ses objectifs climatiques et en matière de protection de la nature. Ne pas atteindre ces objectifs, ce n’est pas une perte abstraite. Ça aura des conséquences dévastatrices pour les écosystèmes dont on dépend, et ça risque de causer de réels dommages aux lieux, à la nature, aux gens et aux communautés qu’on aime. »

Anne-Céline Guyon, analyste climat-énergie chez Nature Québec, a déclaré : 

« Que ce soit par un pipeline de sables bitumineux vers l’ouest ou de gaz vers l’Est, tous les projets visant l’expansion de la production des énergies fossiles font fausse route. Aucun projet ne peut servir l’intérêt du Canada s’il détruit ce qui fait son identité :  un attachement profond à la nature. »  

Anna Johnston, avocate chez West Coast Environmental Law, a déclaré :

« Les pipelines posent des risques majeurs pour le climat, les cours d’eau et les espèces auxquelles les Canadiens sont attachés et dont ils dépendent. Les lois environnementales ne sont pas une simple formalité administrative : elles forment un filet de sécurité. Le gouvernement Carney propose de démanteler complètement ce filet de sécurité. Nous demandons au gouvernement de retourner à la table à dessin et de veiller à ce que les Canadiens disposent des garanties juridiques nécessaires pour avoir l’assurance que les grands projets leur soient vraiment profitables. »

Robb Barnes, directeur du programme Climat de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, a déclaré : 

« Qu’il s’agisse d’un nouveau gazoduc vers la côte ouest ou de nouveaux projets de GNL au Québec, le gouvernement Carney semble revenir à la philosophie du « drill, baby, drill » qui caractérisait l’ère Harper. L’Association canadienne des médecins pour l’environnement demande au gouvernement Carney de placer la santé et la sécurité de la population canadienne en tête de ses priorités. C’est de la santé de nos finances publiques dont il est aussi question. Arrêtons les projets pétrogaziers! »

Les intervenant•es et les sympathisant•es de 12 organisations se sont ensuite rassemblés sur la Colline du Parlement pour une séance photo, brandissant des bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs. »

Les photos des événements d’aujourd’hui sont disponibles dans ce dossier.

L’enregistrement de la conférence de presse peut être visionné ici.

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Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d’organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de près de 200 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

2026-06-02 Communiqué Sondage - Vire au vert-1

Sondage : les Québécois(es) veulent des solutions environnementales qui protègent leur qualité de vie

2 juin 2026

Québec, 2 juin 2026  À quelques mois de la campagne électorale québécoise, un nouveau sondage commandé par Équiterre est sans équivoque : les citoyen(ne)s réclament des engagements concrets pour protéger ce qui est essentiel à leur qualité de vie — l’air pur, l’eau potable, la sécurité alimentaire et une meilleure mobilité. 

Protéger l’eau potable et la qualité de l’air

L’accès à l’air pur et à l’eau potable constitue le fondement même de la santé publique. Or, face à des épisodes de sécheresse, de canicule et de feux de forêt de plus en plus fréquents, les gouvernements tardent à agir à la hauteur des enjeux.

La gestion durable et équitable de l’eau potable n’est plus une option : c’est une nécessité. En l’absence de politiques publiques claires, les pénuries d’eau dans certaines régions du Québec risquent de s’amplifier, ce qui va alimenter les conflits d’usage, notamment au niveau agricole et municipal.

La qualité de l’air et les enjeux de santé reliés à la pollution sont également cruciaux parce que l’air est tout aussi vital. Que leur cause relève de l’aménagement du territoire et des axes routiers – près desquels trop de populations vulnérables sont logées – ou de l’activité industrielle, les problèmes de santé reliés à la qualité de l’air doivent cesser d’être traités comme des enjeux collatéraux.

Quelques chiffres

  • 82 % des répondant(e)s veulent que le gouvernement développe une stratégie industrielle qui ne mette pas à risque la santé de la population.
  • 76 % des répondant(e)s aimeraient qu’on priorise des aménagements qui permettent de récolter les eaux pluviales afin de se prémunir des sécheresses.
  • 67 % des répondant(e)s réclament une stratégie nationale de l’air pour agir sur les problèmes de santé associés à une mauvaise qualité de l’air.

Augmenter l’autonomie et la sécurité alimentaire

Plus de 70 % des répondant(e)s considèrent que chacune des quatre mesures proposées en matière d’autonomie alimentaire devrait être prioritaire pour le prochain gouvernement. Il s’agit d’un signal clair des attentes élevées de la population québécoise sur cet enjeu permettant de renforcer l’autonomie et la résilience du Québec.

Les formations politiques sont ainsi appelées à s’engager concrètement pour protéger la santé des sols, promouvoir une agriculture diversifiée et valoriser les produits locaux.

Quelques chiffres

  • 78 % des répondant(e)s veulent que davantage de producteurs locaux fournissent les institutions (écoles, hôpitaux, etc.) et les détaillants (épiceries).
  • 78 % des répondant(e)s réclament que la santé des sols agricoles soit préservée en réduisant l’utilisation de pesticides et engrais non essentiels.
  • 74 % des répondant(e)s souhaitent que les terres agricoles soient protégées en limitant les usages non agricoles et non essentiels.

Améliorer le service de transport collectif

Pour réduire la congestion automobile, les Québécois(es) s’attendent à ce que le prochain gouvernement investisse dans les alternatives à la voiture. Un réseau de transport collectif et actif structurant, efficace et accessible est en effet la clé d’un changement durable dans nos habitudes de déplacement. 

Pour y arriver, les formations politiques devront non seulement prendre soin des infrastructures existantes, mais aussi intégrer ces solutions à l’aménagement du territoire.

Quelques chiffres

  • 78 % des répondant(e)s aimeraient que le service et la fréquence des réseaux de transport en commun soient améliorés.
  • 75 % des répondant(e)s souhaitent que les nouveaux logements construits dans les villes et banlieues soient desservis par un réseau de transport collectif et actif.

Citation

« Ce sondage révèle que les Québécois(es) adhèrent massivement aux pistes de solutions proposées par la coalition Vire au Vert pour s’attaquer aux enjeux environnementaux d’importance. C’est un plan de match concret qui peut être facilement déployé par les formations politiques qui feront campagne lors des prochaines élections », affirment les membres de la coalition Vire au Vert.

À propos de Vire au vert

Vire au vert (vireauvert.org) est une coalition regroupant une vingtaine d’organisations environnementales et de la société civile québécoise. Elle œuvre à promouvoir des politiques publiques durables, à sensibiliser la population aux enjeux environnementaux et à renforcer le dialogue entre la société civile et les décideurs politiques.

2026-05-14 Communiqué protection env fédéral

Coup de hache annoncé dans les protections environnementales: les député-e-s fédéraux-ales sommé-e-s d’agir avec conscience

14 mai 2026

Montréal et Québec, le 14 mai 2026 – Des organisations environnementales, des groupes citoyens et des organismes de la société civile québécoise lancent un appel à l’ensemble des député-e-s fédéraux-ales afin qu’ils et elles refusent de cautionner l’affaiblissement accéléré des protections environnementales actuellement envisagé par le gouvernement fédéral.

Parce que ces propositions risquent de transformer en profondeur la nature et l’identité du Canada, les groupes demandent à l’ensemble des élu-e-s de faire passer l’intérêt public, la santé de la population, la protection de la nature et l’avenir des prochaines générations avant les priorités à court terme du secteur privé.

« Les député-e-s ont été élu-e-s pour défendre les intérêts de leurs communautés, pas pour signer un chèque en blanc à une dérèglementation sans précédent au service des industries polluantes. Nous leur demandons d’avoir le courage de parler haut et fort pour refuser que le gouvernement fédéral saccage nos protections environnementales », déclarent les organisations signataires.

Les organisations estiment que les réformes proposées par le gouvernement canadien en matière de législation et de réglementation environnementale sont pires que celles qu’on a connues dans le passé : elles solidifient encore davantage une concentration inquiétante des pouvoirs décisionnels entre les mains du gouvernement et mènent à des reculs encore plus importants en transférant les risques sur la population. 

« Derrière les slogans sur la rapidité et l’efficacité se cache le démantèlement des protections bâties au fil de décennies pour protéger la population, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons, les espèces qui disparaissent et les milieux naturels dont dépend notre santé et notre qualité de vie », expliquent les organisations.

Les groupes rappellent que, comme l’a maintes fois souligné le commissaire fédéral à l’environnement et au développement durable, le déclin environnemental du Canada ne résulte pas d’erreurs ponctuelles, mais d’une culture de pollution tolérée et de planification politique à court terme. « Il faut se demander : à qui bénéficie vraiment ces réformes ? Pendant que le gouvernement déroule le tapis rouge aux industries polluantes, les ménages canadiens attendent toujours des retombées concrètes qui vont permettre de baisser le coût de la vie », se désolent les organisations. 

Les groupes rappellent que les conséquences de l’affaiblissement des règles environnementales ne seront pas abstraites. « L’évaluation environnementale n’est pas un obstacle à contourner, c’est notre filet de sécurité contre une nouvelle génération de dommages coûteux et irréversibles. Quand des milieux naturels seront détruits, quand des communautés devront vivre avec davantage de pollution ou subir les conséquences de catastrophes climatiques plus coûteuses et plus fréquentes, il sera trop tard pour dire qu’on ne savait pas », expliquent les groupes.

Les organisations préviennent qu’un affaiblissement précipité des règles environnementales risque également d’alimenter les tensions sociales, les conflits avec les communautés locales et autochtones, et les contestations juridiques partout au pays. « À tous-tes les député-e-s qui ont à cœur de laisser aux générations futures une planète habitable, une nature vivante et des communautés résilientes, nous lançons un appel à votre conscience. Attaquez-vous aux vraies causes des délais plutôt qu’aux mesures qui protègent la population », concluent les organisations.

Organisations signataires : 

  • SNAP Québec
  • Nature Québec
  • Greenpeace Canada
  • Vigilance OGM
  • Centre québécois du droit de l’environnement
  • Mères au front
  • Fondation David Suzuki
  • Équiterre
  • Fondation Rivières
  • Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  • Les AmiEs de la Terre de Québec
  • Ateliers pour la biodiversité 
  • Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
  • Eau Secours
  • Société pour Vaincre la Pollution (SVP)
  • Terravie FFC Fond Foncier Communautaire
  • Coalition Alerte à l’Enfouissement Rivière-du-Nord (CAER)
  • Projet de la Réalité climatique Canada (PRCC)
  • Front étudiant d’action Climatique (FÉDAC)
  • Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
  • Coalition Action Déchets Toxiques (CADT)
  • Réseau action climat Canada (CAN-Rac)
  • Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED)
  • GroupMobilisation (GMob)
  • Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME)
  • Regroupement Vigilance Énergie Québec (RVÉQ)
2026-04-22 Communiqué JDLT

Jour de la Terre : la coalition Vire au vert veut des élections provinciales connectées aux « besoins urgents » des Québécois(e)s

22 avril 2026

MONTRÉAL, 22 avril 2026 – À l’occasion du Jour de la Terre, la coalition Vire au vert, regroupant 24 organisations environnementales et issues de la société civile, présente ses attentes pour la campagne électorale à venir et propose une série d’orientations et de pistes d’actions qui auront un impact concret pour bâtir l’autonomie et la résilience dont la population du Québec a besoin.

Reconnecter la politique aux besoins

Pour les organisations membres de Vire au vert, l’environnement n’est pas un enjeu parmi d’autres. C’est un levier pour agir sur ce qui préoccupe les gens au quotidien et leurs besoins les plus urgents : le coût de la vie, la qualité des milieux de vie, la santé et l’avenir de nos enfants.

« Ce qu’on propose aujourd’hui, ce sont des pistes de solution qui ont du sens, qui sont nécessaires et porteuses pour nous rendre plus résilients face aux crises économiques, énergétiques, climatiques et de santé », affirment les membres de la coalition. 

Les Québécois et Québécoises ont besoin de solutions concrètes. Et le Québec a déjà montré qu’il pouvait innover et agir avec audace. Avec un modèle de développement qui nous est propre, nous pourrons mieux surmonter les défis actuels en misant sur nos atouts. 

« Face aux bouleversements économiques, sociopolitiques et climatiques, notre autonomie et notre capacité à affronter les crises passent par la valorisation du territoire, l’utilisation durable de nos ressources collectives et le renforcement de la démocratie », ajoutent les organisations.

Des orientations prêtes à être utilisées par les partis

C’est pour répondre aux défis actuels que la coalition présente aujourd’hui à l’ensemble des formations politiques québécoises une série d’orientations pour guider l’élaboration de leurs futures plateformes électorales.

Des pistes d’action ont été identifiées par les groupes membres de Vire au vert, par exemple mettre en place un répertoire de l’ensemble des prélèvements d’eau pour une meilleure gestion en période de sécheresse, accroître les accès publics aux berges des lacs et rivières pour favoriser la pratique des activités de plein air et développer simultanément les projets d’habitation et de mobilité durable pour répondre adéquatement à la crise de l’habitation et réduire la congestion.

La coalition souhaite ainsi rappeler que notre eau, notre air, nos terres agricoles, notre énergie – et la manière dont nous utilisons ces ressources stratégiques – seront déterminants pour positionner le Québec sur la scène nationale et internationale et assurer un avenir sain, viable et durable pour tous les Québécois et Québécoises.

À propos de Vire au vert

Vire au vert (vireauvert.org) est une coalition regroupant 24 organisations environnementales et de la société civile québécoise. Elle œuvre à promouvoir des politiques publiques durables, à sensibiliser la population aux enjeux environnementaux et à renforcer le dialogue entre la société civile et les décideurs politiques.

Réaction budget + JME

Journée mondiale de l’eau et budget du Québec, peu d’ambition pour la protection de l’eau potable… à la source!

20 mars 2026

Montréal, le 20 mars 2026 – Dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau et en réaction au budget québécois 2026-2027, Eau Secours rappelle que pour protéger l’eau du Québec, le gouvernement du Québec doit faire preuve de rigueur dans le suivi de la qualité des eaux ainsi que dans la réduction des principales sources de contaminations, soient d’origine industrielles et agricoles. Soutenons le travail des municipalités en préservant les sources d’eau potable en amont.  

« Nous constatons que le budget présenté par le gouvernement ne permettra pas d’améliorer, ou même de restaurer la capacité du ministère de l’Environnement à agir pour réduire les rejets de contaminants dans les cours d’eau au Québec. Sans ce rôle indispensable de gardien de l’eau, ce sont, encore une fois, les municipalités qui devront s’adapter pour maintenir nos eaux municipales aux exigences élevées de potabilité » précise Rébecca Pétrin, directrice générale d’Eau Secours.

Rappelons qu’à l’automne dernier, 2 semaines après avoir supprimé 134 postes au ministère de l’Environnement, le programme de suivi de la qualité de l’eau des rivières s’est vu arrêté 2 mois plus tôt que prévu. Au même moment, le même ministère publiait un rapport sur l’état des ressources en eau et des écosystèmes aquatiques du Québec lequel faisait mention que les résultats révèlent un bilan davantage négatif que positif (1).

Avec un besoin financier actuel pour les infrastructures municipales d’eau à près de 20 milliard de dollars, avons-nous vraiment besoin d’en ajouter davantage(2)?

Écoutons la science

En 2025, le rapport sur l’état des ressources hydriques et écosystèmes souligne que 84 % des problématiques prioritaires identifiées par les organismes de bassins versants sont liées à la qualité de l’eau et aux impacts des rejets(3). Ce constat renforce la nécessité de refinancer nos ministères et centres de suivis afin d’exercer un meilleur suivi et contrôle de la qualité de l’eau au Québec. Plus précisément, nous demandons de miser sur une protection à la source, une option plus viable économiquement et « qui peut jouer un rôle crucial dans la réduction des contaminants »(4). Ces mesures doivent:

  • Valoriser l’expertise des employés du ministère de l’Environnement et particulièrement du Centre d’expertise en analyse environnemental du Québec en reculant sur les récentes coupures(5) et en les finançant adéquatement afin de maintenir le travail essentiel de ce ministère;
  • Améliorer le respect des bandes riveraines autour des cours d’eau. Les bandes riveraines aident, entre autres, à filtrer naturellement les rejets agricoles comme le phosphore et les pesticides(6);
  • Resserrer le suivi environnemental du secteur industriel, incluant les activités tel que le recyclage de batteries(7) et les fonderies(8).
  • Investir dans un suivi en continu de la qualité de nos eaux de surfaces, par exemple dans des analyses plus rigoureuses des contaminants, dont les contaminants émergents.
  • Établir des normes de qualité des eaux de surface afin de limiter au maximum le rejet de contaminants en amont.

L’organisme se dit tout de même rassuré de constater que le budget accordé au Fonds bleu est maintenu permettant de reconduire le Plan national de l’eau.

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Pour plus d’informations

Mathieu Langlois
Responsable des communications, Eau Secours
514 588-5608
communications@eausecours.org

Sources

1. https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/rapport-eau/rapport-eau-2025.pdf

2. https://ceriu.qc.ca/bibliotheque/rapport-2025-du-portrait-infrastructures-eau-municipalites-du-quebec-piemq

3. https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/rapport-eau/rapport-eau-2025.pdf

4. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/environnement/eaux-usees/installations-municipales/suivi-exploitation-omaeu/table-consultation-contaminants-nocifs-eaux-usees-municipales-rapport.pdf

5.https://www.ceaeq.gouv.qc.ca/accreditation/Avis/avis-2025-07-31.pdf

https://spgq.qc.ca/2025/09/abolitions-de-postes-le-spgq-denonce-les-reductions-de-service/ 

6. https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/rapport-eau/rapport-eau-2025.pdf 

7. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221798/usine-terrapure-plomb-travailleurs-fleuve

8. https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2026-03-16/fonderie-horne-de-rouyn-noranda/les-rejets-d-arsenic-bondissent.php

 

Copie de FR Special Water Envoy

Nous exprimons nos inquiétudes quant à l’orientation de la gouvernance mondiale de l’eau à la suite de la nouvelle nomination des Nations unies

9 février 2026

En tant que Forum des peuples de l’eau, nous avons publié une déclaration critique à l’égard de la nomination de l’Envoyée spéciale pour l’eau par le Secrétaire général des Nations unies.

Dans cette déclaration, nous exprimons nos **préoccupations, partagées par les mouvements sociaux, les communautés et les organisations du monde entier,** quant aux implications potentielles de cette nomination pour la gouvernance mondiale de l’eau et pour la protection effective des droits humains à l’eau et à l’assainissement. Nous soulevons les problématiques du mandat, de l’indépendance et de la redevabilité de la nouvelle Envoyée spéciale, Retno L. P. Marsudi.

Nous dénonçons également les incidents qui ont touché les défenseuses et défenseurs de l’eau lors du 10e Forum mondial de l’eau, qui s’est tenu à Bali en mai 2024, et nous situons ces événements dans un contexte général de rétrécissement de l’espace civique et de criminalisation de la défense de l’eau.

Nous réaffirmons que l’eau et l’assainissement sont des droits humains fondamentaux et des biens communs, et nous mettons en garde contre les risques liés à un éloignement de l’approche fondée sur les droits humains par les instances internationales de gouvernance de l’eau au profit de modèles multipartites qui ne garantissent pas le rôle central des titulaires de droits.

Nous avons officiellement adressé cette déclaration au Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, ainsi qu’aux agences des Nations unies et aux institutions internationales impliquées dans la gouvernance de l’eau.

Cette position revêt une importance particulière dans le contexte de la troisième Conférence des Nations unies sur l’eau, qui se tiendra aux Émirats arabes unis du 2 au 4 décembre 2026. En cette période critique, nous insistons sur la nécessité de placer la voix des communautés touchées, la transparence et la responsabilité au centre des débats mondiaux sur la gouvernance de l’eau.

👉 La déclaration complète peut être téléchargée en cliquant ici…

Autres ressources et actualités
PL11-commission-communique

PL11 sur l’allègement règlementaire: Au service des profits miniers, pas de l’intérêt public

4 février 2026

Québec – Alors que le gouvernement Québécois introduit plusieurs projets de lois qui visent effriter la démocratie et augmenter la poigne autoritaire sur les ressources naturelles, la Coalition Québec meilleure mine, MiningWatch Canada et Eau Secours seront présents en commission parlementaire mercredi le 4 février à 17h30 pour présenter leur mémoire sur le Projet de Loi 11 modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif

Les organismes dénoncent un projet de loi qui ne répond pas aux attentes de la société civile, et qui s’inscrit dans une tendance préoccupante: favoriser les intérêts de l’industrie minière au détriment de l’environnement et de la population. 

Une loi issue du lobbying et d’une course réglementaire vers le bas

Selon les auteurs du mémoire, le PL11 est le produit direct du lobbying intensif de l’industrie minière. La justification souvent avancée d’un fardeau réglementaire excessif repose sur un mythe : contrairement aux chiffres de 160 à 660 permis évoqués par certains élus, un projet minier fictif élaboré par les auteurs n’exigerait que 83 permis. L’engorgement actuel s’explique plutôt par le boom minier que connaît le Québec depuis la fin des années 2010.

En cherchant à « accélérer » le développement minier, le gouvernement québécois s’engage dans une course vers le bas réglementaire, à l’image de lois similaires adoptées ailleurs au Canada, largement critiquées pour leurs atteintes à l’environnement, aux droits des peuples autochtones et aux processus démocratiques.

Reculs majeures en matières de transparence 

Plusieurs dispositions du PL11 introduisent des reculs importants en matière de transparence et de reddition de comptes. Le projet de loi affaiblit les obligations des titulaires de droits miniers, limite la capacité d’imposer des conditions aux opérations et réduit l’obligation du ministre de justifier certaines décisions exceptionnelles. Ces changements risquent de désavantager les communautés affectés et de compliquer la surveillance des activités minières. 

Menaces pour la protection de l’eau et des milieux humides et hydriques 

Le PL11 modifie également de façon préoccupante la Loi sur l’eau, en affaiblissant l’obligation de produire un portrait décennal des projets de restauration et de création de milieux humides et hydriques. Cet outil, en vigueur depuis 2017 et dont le premier bilan est attendu en 2027, serait vidé de sa substance avant même d’avoir été utilisé, alors que le secteur minier est le principal responsable de la destruction de ces milieux au Québec.

Une opportunité manquée: Contrôle de ressources dans le context géopolitique actuel

Les critiques les plus sévères concernent ce qui ne se trouve pas dans le PL11. Le projet de loi ne contient aucune mesure visant à renforcer le contrôle public sur les ressources minérales du Québec, malgré un contexte géopolitique marqué par de fortes tensions internationales. Plutôt que de déréglementer davantage, le gouvernement devrait se doter d’outils pour mieux encadrer le boom minier, en ne retenant que des projets crédibles, responsables et acceptés par les peuples autochtones et les communautés locales.

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Références

Pour information

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Les groupes environnementaux dénoncent leur mise à l’écart de la commission parlementaire sur la loi « Q-5 »

29 janvier 2026

Québec, le 29 janvier 2026 – Alors que le projet de loi n°5, Loi visant à accélérer l’octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d’envergure nationale, vise principalement à contourner les lois environnementales pour des projets dits « d’envergure nationale », plusieurs organisations environnementales dénoncent vigoureusement leur mise à l’écart  par le gouvernement de la commission parlementaire et demandent à être entendues. 

Les groupes avaient déjà tiré la sonnette d’alarme le 8 décembre dernier en dénonçant la multiplication des mesures législatives du gouvernement du Québec qui affaiblissent les lois et les contre-pouvoirs, marginalisent la science et réduisent la participation citoyenne sous prétexte « d’accélération économique ». « En écartant des voix pertinentes et essentielles durant ces consultations, le gouvernement persiste et signe dans son mépris répété des processus démocratiques », déplorent les groupes. 

Pour les organisations, le manque de représentativité des groupes invités en commission parlementaire saute aux yeux et empêche une prise de décision éclairée. « Il est particulièrement préoccupant de constater la surreprésentation des secteurs industriel et patronal qui, on le sait, sont les principaux demandeurs de la vague de déréglementation actuelle. D’ailleurs, c’est la deuxième fois en quelques semaines que la Commission des finances publiques fait l’impasse sur les groupes environnementaux alors que les projets de loi 5 et 7 touchent directement leurs secteurs d’activités », expliquent les organisations. 

Les groupes sont d’avis que le projet de loi n°5 est problématique à de nombreux niveaux et qu’il enferme le Québec dans des voies risquées difficiles à inverser. Ils déplorent notamment les pouvoirs démesurés accordés au ministre des Finances au détriment de nos institutions démocratiques essentielles et le fait que les promoteurs pourront réaliser des travaux préparatoires risquant de détruire des milieux naturels avant même de recevoir les autorisations nécessaires. Les organismes s’inquiètent aussi de voir le BAPE muselé, alors qu’il ne pourra pas recommander la non-réalisation du projet même si les impacts sociaux et environnementaux sont majeurs pour le milieu d’accueil.

« Avec sa loi « Q-5 », le gouvernement ne coupe pas dans la paperasse, il coupe dans la protection légale de la population et du territoire québécois. Cette tentative d’accélérer le développement industriel et d’infrastructures risque d’aboutir, à la manière de Northvolt, à des projets mal ficelés, sans acceptabilité sociale, et dont les impacts sur la santé de la population et des écosystèmes ne seront connus que trop tard. Personne n’en sortira gagnant et c’est pour cela qu’on exige d’être entendus », concluent les organismes. 

Organisations signataires : 

  • Nature Québec
  • Fondation David Suzuki
  • Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets
  • SNAP Québec
  • Équiterre
  • Regroupement national des conseil régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  • Vivre en Ville
  • Eau Secours
  • Fondation Rivières

 

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Pour de plus amples informations ou une entrevue avec les médias, veuillez contacter :

Mathieu Langlois, responsable des communications, Eau Secours
514 588-5608 | communications@eausecours.org

Autres ressources et actualités

Bilan environnemental 2025 : une dérive autoritaire est-elle en marche?

8 décembre 2025

Montréal, le 8 décembre 2025 – Des organisations et groupes environnementaux font front commun pour tirer la sonnette d’alarme : l’année qui vient de s’écouler marque un tournant inquiétant pour la démocratie environnementale au Québec et au Canada. Sous prétexte « d’accélération économique », les gouvernements multiplient les mesures législatives qui affaiblissent les lois et les contre-pouvoirs, marginalisent la science et réduisent la participation citoyenne.

Un recul démocratique préoccupant au Québec

Au cours de la dernière année, une accumulation inédite de projets de loi fragilisant l’État de droit a été constatée, notamment par l’utilisation du bâillon, le dépôt d’omnibus et l’élargissement du pouvoir discrétionnaire du gouvernement. Parmi les exemples les plus préoccupants, on peut citer le projet de loi 69 (énergie), le projet de loi 97 (régime forestier), le projet de loi omnibus 81, le projet de loi 93 (Stablex), le projet de loi 7, et le récent projet de loi constitutionnelle.

Mis ensemble, ces textes traduisent une tendance lourde d’effritement de l’État de droit et d’affaiblissement des garde-fous démocratiques.

« Quand un gouvernement limite les débats, contourne ses propres lois, s’attaque à la légitimité scientifique, réduit les contre-pouvoirs et renforce la concentration de pouvoir entre les mains de quelques personnes, ce sont les fondements même de notre démocratie qui sont attaqués». 

L’environnement également mis sur le banc des sacrifiés par le fédéral

Les organisations dénoncent une rhétorique gouvernementale qui oppose constamment l’environnement au développement économique et qui sous-entend que les normes environnementales sont un “fardeau”, un même fil rouge qui se dessine au niveau fédéral, notamment avec l’adoption du projet de loi C-5 et le dépôt du projet de loi C-15 (loi budgétaire), actuellement discuté au Parlement canadien. 

Les organisations rappellent que la démocratie, la science et les lois environnementales ne sont pas des obstacles pour le Québec, mais bien des fondations essentielles pour le bien-être collectif et pour une économie qui soit véritablement résiliente et soutenable. Lorsque les lois deviennent optionnelles, les atteintes à l’environnement et plus largement à la protection des droits de la population et des premiers peuples deviennent inévitables.

Les organisations appellent les gouvernements du Québec et du Canada à suspendre les mesures législatives qui affaiblissent le droit environnemental, à respecter les droits des peuples autochtones, à rétablir la place de la science dans les processus décisionnels, à encourager la participation citoyenne et démocratique, et à protéger les principes qui sous-tendent le respect de l’État de droit.

Les organisations environnementales invitent la population, les élu·es, les médias et les institutions à se mobiliser pour préserver la démocratie, la protection de l’environnement et le respect des savoirs et de la science, devenus des parties intégrantes de nos valeurs sociétales fondamentales.

« L’environnement, c’est le canari dans la mine. Si nous ne travaillons pas tous et toutes ensemble pour contrer cette dérive autoritaire, elle continuera de faire d’autres victimes au nom de la sacro-sainte croissance économique. » 

 

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LISTE DES SIGNATAIRES

  • Alain Branchaud, directeur général, Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec)
  • Geneviève Paul, directrice générale, Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE)
  • Alice-Anne Simard, directrice générale, Nature Québec
  • Thibault Rehn, coordonnateur, Vigilance OGM
  • André Bélanger, directeur général, Fondation Rivières
  • Sabaa Khan, directrice générale, Fondation David Suzuki (Québec)
  • Karel Ménard, directeur général, Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets
  • Martin Vaillancourt, directeur général, Regroupement national des Conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
  • Rébecca Pétrin, directrice générale, Eau Secours
  • Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales, Équiterre
  • Chantal Levert, coordonnatrice générale, Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) 
  • Chloé Tremblay Cloutier, coordonnatrice développement et partenariats, Réseau Demain le Québec
    Louis Couillard, responsable de la campagne climat-énergie, Greenpeace Canada
  • Gabrielle Spenard-Bernier, co-directrice, Mères au front

Plus d’informations

CONTACTS MÉDIAS

Sophie Turri
Directrice des communications, CQDE
438 979-7951
sophie.turri@cqde.org

Charlène Daubenfeld
Directrice des communications, SNAP Québec
514 378-3880
communications@snapquebec.org

David Beauchamp
Responsable des communications, Fondation Rivières
438 501-8140
david.beauchamp@fondationrivieres.org 

Alexandre St-Amant
Spécialiste des communications et affaires publiques, Fondation David Suzuki
438 494-8214
astamant@davidsuzuki.org 

Lucie Bédet
Chargée des communications, Nature Québec
581 980-8198
lucie.bedet@naturequebec.org

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