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Évaluation fédérale des pipelines : les groupes environnementaux déplorent la fin du regard externe indépendant

11 septembre 2026

Montréal, le 11 septembre 2026 – Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), Nature Québec, SNAP Québec, la Fondation David Suzuki, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, Greenpeace Canada, la Fondation Rivières, Eau Secours et Équiterre dénoncent vivement les modifications au Règlement sur les activités concrètes (la « Liste des projets ») publiées jeudi dernier, permettant à une série de projets présentant des risques sociaux, environnementaux et économiques élevés (pipelines interprovinciaux, installations pétrolières et gazières dans des parcs nationaux ou des aires protégées, etc.) de ne plus être assujettis à la Loi sur l’évaluation d’impact. Seule la Régie de l’énergie du Canada (REC) est désormais chargée d’évaluer ces projets. 

Or, le retrait de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) fait disparaître le regard externe d’une organisation qui n’entretient pas, contrairement à la REC, de relation continue avec les promoteurs et le secteur de l’énergie. Les signataires dénoncent cette décision qui vient significativement affaiblir le régime fédéral d’évaluation d’impact et qui comporte des risques importants de sous-évaluation des impacts environnementaux, sociaux et économiques de ces projets.

« Soyons clairs, il ne s’agit pas ici d’éliminer un dédoublement. Ce qu’on retire aujourd’hui, ce n’est pas une redondance administrative : ce sont des protections dont nous nous sommes dotés collectivement pour choisir de façon informée et éclairée et assurer la protection de la population », affirment les organisations signataires.

Ce que change le règlement

Les modifications retirent de la Liste des projets plusieurs catégories d’activités jusqu’ici assujetties à la LEI, notamment :

  • les pipelines internationaux et interprovinciaux;
  • les lignes de transport d’électricité internationales et interprovinciales;
  • certains projets d’énergies renouvelables extracôtières réglementés par la REC;
  • les installations pétrolières et gazières situées dans des parcs nationaux ou des aires protégées et réglementées par la REC;
  • les installations d’extraction in situ de sables bitumineux;
  • les centrales électriques alimentées par des combustibles fossiles.

Concrètement, les projets énergétiques relevant de la Loi sur la Régie canadienne de l’énergie : pipelines, lignes de transport d’électricité, certains projets extracôtiers, ne sont désormais évalués que par la REC, agissant seule. La commission d’examen intégré, qui associait jusqu’ici l’AEIC et la REC, est écartée pour ces projets.

Une évaluation limitée

En retirant l’AEIC du processus et en confiant l’examen des projets énergétiques à un seul organisme de réglementation sectoriel, la nature même de l’exercice risque de se transformer : d’une évaluation intégrée qui interroge la pertinence globale d’un projet dans l’intérêt public, vers un examen davantage centré sur des questions réglementaires plus techniques : le tracé, la technologie, les paramètres d’exploitation. Les questions plus larges sur la pertinence même de certains projets et sur les répercussions cumulatives pour les populations concernées risquent d’être reléguées au second plan.

Une participation publique et autochtone affaiblie

Bien que la REC prévoit ses propres mécanismes d’audience et de consultation, la participation significative de la population, le respect des droits des peuples autochtones et la protection de l’environnement figurent au cœur même du mandat et de l’expertise de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada. En écartant l’Agence de l’équation, un risque sérieux se pose quant à l’accessibilité du processus pour le public et pour les peuples autochtones potentiellement touchés par ces projets. 

« C’est précisément pour assurer une plus grande distance avec l’industrie des énergies fossiles et pallier de sérieux obstacles, notamment à la participation du public que le processus a été revu il y a quelques années » soulignent les organisations signataires. 

Une mesure injustifiée et infondée

Ces projets faisaient déjà l’objet d’une évaluation d’impact intégrée unique, menée par une commission d’examen conjointe de l’AEIC et de la REC. 

Les organisations signataires estiment que cette décision s’inscrit en droite ligne avec une série de mesures prises par le gouvernement fédéral au cours des derniers mois, qui affaiblissent les protections du public et qui pavent la voie à de nouveaux fiascos environnementaux, sociaux et économiques.   

 

LISTE DES ORGANISMES SIGNATAIRES

  • Centre québécois du droit de l’environnement
  • Eau Secours
  • Équiterre
  • La Fondation David Suzuki
  • La Fondation Rivières
  • Greenpeace Canada
  • Nature Québec
  • Le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec
  • SNAP Québec
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« Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs » : plus d’une centaine d’organisations à travers le pays et plusieurs députés dénoncent les projets de pipelines sur la côte Ouest

9 juin 2026

Territoires non cédés de la Nation algonquine Anishinaabe [OTTAWA], 9 juin 2026 :

Manifestant une solidarité nationale et transpartisane aujourd’hui sur la Colline du Parlement, des experts de la société civile, soutenus par plus de 120 organisations d’un océan à l’autre, ainsi que des députés de trois partis, ont dénoncé les projets irresponsables du gouvernement fédéral visant à soutenir la construction d’un nouvel oléoduc reliant l’Alberta à la côte Ouest.

Lors de la conférence de presse d’aujourd’hui, des experts en droit, en santé et en environnement ont mis de l’avant les risques posés par un nouveau pipeline, à l’approche de la date limite du 1er juillet fixée par l’Alberta pour soumettre un projet pipeline au Bureau des grands projets pour une évaluation accélérée.

Patrick Bonin, député du Bloc québécois, Leah Gazan, députée du NPD, et Elizabeth May, cheffe du Parti vert, se sont également prononcés contre les projets de pipeline.

Plus de 120 organisations de la société civile ont signé une lettre ouverte exprimant leur solidarité contre la construction de nouveaux pipelines d’énergies fossiles vers la côte Ouest ou n’importe où ailleurs au Canada.

Alors que les marchés asiatiques accélèrent leur transition vers une sortie du pétrole, un nouveau pipeline pétrolier nécessiterait vraisemblablement d’importantes subventions publiques pour pouvoir être viable. Dans un récent sondage de Liaison Stratégies réalisé dans des circonscriptions clés de Colombie-Britannique et du Québec, 68 % des personnes interrogées se sont opposées au financement fédéral d’un nouveau pipeline, et six sur dix ont indiqué qu’elles seraient moins enclines à voter pour un ou une député•e soutenant des subventions aux énergies fossiles.

La conférence de presse d’aujourd’hui intervient après plus d’un an de recul en matière d’environnement. Tout récemment, le gouvernement fédéral a proposé des modifications réglementaires qui démantèleraient les garde-fous environnementaux du Canada, permettant d’accélérer encore davantage la construction de nouveaux pipelines sans évaluations d’impact, et n’a laissé que quelques semaines pour consulter le public. Suite à un élan de protestations général, le gouvernement a annoncé jeudi dernier que la période de consultation serait prolongée jusqu’à la fin juillet.

Aujourd’hui, à la Colline du Parlement, Emilia Belliveau, responsable du programme de transition énergétique chez Environmental Defence, a déclaré :

« Il n’y a pas de « bon » tracé pour le projet d’oléoduc en Alberta. Un nouveau pipeline transportant un million de barils de pétrole par jour, ainsi que l’extraction nécessaire pour le remplir, éloignera encore plus le Canada de ses objectifs climatiques et en matière de protection de la nature. Ne pas atteindre ces objectifs, ce n’est pas une perte abstraite. Ça aura des conséquences dévastatrices pour les écosystèmes dont on dépend, et ça risque de causer de réels dommages aux lieux, à la nature, aux gens et aux communautés qu’on aime. »

Anne-Céline Guyon, analyste climat-énergie chez Nature Québec, a déclaré : 

« Que ce soit par un pipeline de sables bitumineux vers l’ouest ou de gaz vers l’Est, tous les projets visant l’expansion de la production des énergies fossiles font fausse route. Aucun projet ne peut servir l’intérêt du Canada s’il détruit ce qui fait son identité :  un attachement profond à la nature. »  

Anna Johnston, avocate chez West Coast Environmental Law, a déclaré :

« Les pipelines posent des risques majeurs pour le climat, les cours d’eau et les espèces auxquelles les Canadiens sont attachés et dont ils dépendent. Les lois environnementales ne sont pas une simple formalité administrative : elles forment un filet de sécurité. Le gouvernement Carney propose de démanteler complètement ce filet de sécurité. Nous demandons au gouvernement de retourner à la table à dessin et de veiller à ce que les Canadiens disposent des garanties juridiques nécessaires pour avoir l’assurance que les grands projets leur soient vraiment profitables. »

Robb Barnes, directeur du programme Climat de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, a déclaré : 

« Qu’il s’agisse d’un nouveau gazoduc vers la côte ouest ou de nouveaux projets de GNL au Québec, le gouvernement Carney semble revenir à la philosophie du « drill, baby, drill » qui caractérisait l’ère Harper. L’Association canadienne des médecins pour l’environnement demande au gouvernement Carney de placer la santé et la sécurité de la population canadienne en tête de ses priorités. C’est de la santé de nos finances publiques dont il est aussi question. Arrêtons les projets pétrogaziers! »

Les intervenant•es et les sympathisant•es de 12 organisations se sont ensuite rassemblés sur la Colline du Parlement pour une séance photo, brandissant des bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Non aux pipelines, ni ici, ni ailleurs. »

Les photos des événements d’aujourd’hui sont disponibles dans ce dossier.

L’enregistrement de la conférence de presse peut être visionné ici.

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Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d’organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de près de 200 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

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